The Cure Tour 2016 : le bilan

Voici (presque) une semaine que le Cure Tour 2016 est terminé. Une période nécessaire pour prendre un peu de recul, analyser tout ça et se poser LA question ultime : alors cette tournée… réussie ?

Et pour répondre à cette question, j’ai décidé de mettre l’accent sur 5 points (+ 1 en bonus…) qui me paraissent incontournables (si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à commenter cet article !). Et j’ai utilisé un système de notation par étoiles (de 1 à 5) histoire de qualifier tout ça…

1. La scénographie ⋆ ⋆ ⋆ ⋆

Pour ce Cure Tour 2016, le groupe a fait appel à un mastodonte dans le secteur de l’organisation et de la promotion de spectacles : Live Nation. Et qui dit mastodonte  dit argent. The Cure a donc reçu une jolie enveloppe pour travailler sa scénographie. Certains éléments étaient déjà présents en 2008, comme les 5 écrans verticaux en fond de scène, mais beaucoup beaucoup beaucoup d’éclairages ont été ajoutés. Et l’effet sur certains titres est tout simplement grandiose. Le traitement visuel des singles  (Hot Hot Hot!!! en tête) est notamment à souligner : la salle se transforme alors en club géant ! Mais il n’y avait pas que du bon… Certaines illustrations diffusées sur les écrans géants étaient un peu cheap. Exemple avec Just Like Heaven qui n’avait pour seul soutien visuel que l’image photoshopée d’une falaise… Ou Pictures of You, qui ne faisait que reprendre la pochette du single. Mais dans l’ensemble, cette tournée fut un émerveillement pour les mirettes !

2. Les setlists ⋆ ⋆ ⋆

La première partie de la tournée aux USA a réjouit les fans avec des titres rares : Screw, A letter To EliseClosedown, Last Dance, This Twilight Garden, The Exploding Boy, Bloodflowers, Out of This World, The Last Day of Summer, The Perfect Girl, (I Don’t Know What’s Going) On, Watching Me Fall, All I Want, Jupiter Crash, At Night, Us Or Them, Kyoto Song, Cold, A Short Term Effect, Dressing Up, Sinking, 39, The Drowning Man, The Same Deep Water as You, The Top, Pornography. À quoi il faut rajouter 2 inédits : Step Into The Light et It Can Never Be The SameDu côté européen on en piaffait d’impatience…

Mais voilà… On s’est vite rendu compte dès les premiers concerts de la tournée européenne que les setlists seraient différentes. Certains titres joués aux USA ou en Océanie ne le furent jamais en Europe : The Exploding Boy, 2 Late, Bananafishbones, Cold, Pornography, Screw, Like Cockatoos, A Letter To Elise, I Don’t Know What’s Going On,  The Top, Mint Car, The Same Deep Water As You (à noter cependant que ces 3 derniers n’ont été jouées qu’une seule fois aux USA). À l’inverse, l’Europe n’aura eu la primeur que pour 2 titres : 10.15 Saturday Night et Killing An Arab.

Alors oui, il est dommage d’avoir été privé de quelques chansons (j’aurais notamment  beaucoup aimé entendre This Twilight Garden et A Letter To Elise…). Mais pour autant les setlists européennes furent bonnes (à l’exception de Paris, décevante). Car le tout n’est pas de jouer tel ou tel titre rare ou inédit. Encore faut-il « construire » un concert, créer une ambiance qui embarque le public. Et Robert Smith est passé maître en la matière… Avant d’assister à mon premier show sur cette tournée, je n’étais pas convaincu par l’ultime rappel fait de pop songs. Et puis comme vous tous (je crois…), j’y ai succombé. Une très belle manière de finir un concert, en dansant plutôt qu’en pleurant…

3. La voix de Robert Smith ⋆ ⋆ ⋆

Vocalement très performant lors de la partie US et Océanie de cette tournée, Robert Smith a perdu ses moyens en Europe. Ce n’était pas de sa faute puisqu’il semblerait qu’il ait attrapé froid (à Stuttgart ?). On l’a senti très diminué sur certains concerts, se mettant souvent en mode sécurité et ne poussant pas sa voix comme il le faisait d’habitude. Mais il faut quand même souligner le professionnalisme du monsieur : même en difficulté, il n’a jamais renoncé à faire des concerts longs avec 3 rappels systématiques. Certes, il y eu le concert de Manchester, un peu plus court que les autres, mais dans l’ensemble le contrat a été honoré. Mieux, il n’a pas fait l’impasse sur certaines chansons, pourtant exigeantes vocalement parlant, telle que Prayers For Rain.

4. Le groupe ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ ⋆

Ce fut un bonheur de voir ces 5 là jouer ensemble. Ils prennent visiblement beaucoup de plaisir à monter sur scène. Et vas-y que ça rigole, et que ça se fait des blagues (Robert Smith empêchant Roger O’Donnell de jouer pendant Close To Me à Lisbonne). Et ça joue très bien ! Reeves Gabrels, « petit dernier » (arrivé en 2012), amène un vrai + au groupe sur les morceaux à guitares (From The Edge Of The Deep Green Sea, Never Enough, Wrong Number) mais également sur les autres titres. Son apport est précieux ! Jason Cooper et Roger O’Donnell font le job de belle manière, même si on pourrait reprocher au batteur de The Cure de manquer d’un peu de finesse et de style. Mais ça reste très correct… Et que dire de Simon Gallup ? Depuis que sa basse n’a plus de jack (merci la HF), il s’est transformé en marathonien. De la même manière qu’on calcule la distance parcourue par un footballeur pendant un match, on devrait faire de même avec Simon Gallup pendant un concert… 🙂

Et Robert ? Comme toujours c’est le vaisseau amiral de ce groupe. On l’a vu passer par toutes les émotions pendant cette tournée : souvent souriant, parfois énervé, et quelquefois triste (les larmes aux yeux sur It Can Never Be The Same et d’autres titres). C’est là à mon avis une des preuves de son implication dans cette tournée.

5. L’ambiance ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ ⋆

Si apparemment ça se passait bien côté groupe, il en fut de même côté public. Pour ma part j’ai fait 3 concerts sur cette tournée : Paris, Bilbao Et Barcelone. Si à Paris j’ai trouvé l’ambiance moyenne, voire un peu froide par moments, ce fut tout le contraire en Espagne. Quel public ! De la fosse aux gradins, tout le monde dansait et chantait ! Et apparemment ce fut la même chose sur beaucoup d’autres dates de ce Cure Tour 2016. Sur les réseaux sociaux, les gens exprimaient leur joie (que je partage !) d’aller au concert, de rencontrer de nouvelles personnes, de prendre un verre avant le show, etc. Bref, l’ambiance fut une des meilleures jamais vues sur une tournée de The Cure !

6. En bonus : Facebook Live  ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ ⋆

J’ai donc vu, physiquement ,3 concerts sur cette tournée. Mais virtuellement, beaucoup plus. Tout ça grâce à Toberr du forum A Pink Dream. Utilisant la fonction Facebook Live, il a retransmis tous les concerts auxquels il a participé. Je ne sais pas si vous imaginez le truc : filmer pendant 2 h 45, le smartphone à bout de bras, pour que le plus grand nombre ait accès aux shows de The Cure. Une abnégation et un sens du partage qui forcent le respect. Merci Toberr !

Et donc, résultat ?

Si on fait la moyenne, on obtient 4 étoiles sur 5 : des problèmes de voix, des setlists pas parfaites (mais efficaces !), un groupe au sommet de son art, une très bonne ambiance et des shows pyrotechniques. Bref… une putain de bonne tournée !

Allez Robert, on te laisse te reposer un peu, car tu dois être sur les rotules, et on remet ça… Ok ? 😉

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