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The Cure, Royal Albert Hall, Samedi 29 mars 2014…

Alors c’était comment les concerts du Teenage Cancer Trust ? Le mieux ce serait encore de demander à quelqu’un qui y était, non ?

The Cure – Royal Albert Hall – march 29th
Par Nikola Prim
Crédits photos : Mauro Mélis

Toujours compliqué de parler d’un concert à posteriori tant ça se vit sur l’instant même si l’instant prend vite une longue tournure avec Cure.

Un concert de Cure ça commence dès le départ. Retrouver les potes, aller à l’aéroport, croiser une famille avec deux adolescentes avec l’ainée qui porte fièrement son t-shirt de Cure… tout ça met clairement dans l’ambiance.

Le temps d’arriver à Victoria et une guichetière du métro d’une bonne cinquantaine a compris où nous allons et me glisse « say hi to Robert for me » avec un large sourire.

Un concert de Cure c’est aussi les retrouvailles avec des anglais, des allemands, des russes, des espagnols, des belges, des américains , des rencontres avec des australiens, des écossais (une sacrée discussion à 4h du mat au coin de High Kesington St. avec un fan de Mogwai et du Celtic Glasgow), etc, etc…

Bill - photo par Mauro Melis

Bill, heureux d’avoir acheté son 872e t-shirt de Cure

L’avantage d’être assis en Stalls au Royal Albert Hall (RAH pour les intimes), en plus de soulager un dos en mauvais état, c’est d’accéder au bar très rapidement en tout confort. Les serveurs sont amusés du nombre de visites effectuées. Ils ne demandaient plus ce qu’on voulait : ils servaient les doubles gins pour nous faire gagner du temps et ne rien perdre du show.

Plainsong dans cette salle, c’est une évidence finalement.

Les paris sont ouverts pour connaitre le titre d’ouverture : ils ont joué « Plainsong » hier, alors ça sera « Open » ? Non, une surprise et « Shake Dog Shake » direct ? Ce sera finalement « Plainsong » et son intro tout en clochettes et ses étoiles pour poser le cadre. Le RAH ne faillit pas à sa réputation et le son est excellent. Plainsong dans cette salle, c’est une évidence finalement.

Le set s’enchaine sur « Prayers for Rain » et le public salue la prouesse vocale sur la fameuse envolée du « prayers for raaaaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin ».

« Stop Dead » et son petit pas de danse mi grotesque mi nonchalant amorce une folie douce qui décolle définitivement sur « Push ».

« A strange day » qui suit est sublime. Les nappes de synthé de Roger O’Donnell (ROD) sont très bien senties. « A Night Like This » est très bien accueillie par le public qui se réveille timidement après un début de set sobre et solennel lié au choix des titres joués. « Oh o oh i want to change it aaaaall »… Il ne croit pas si bien dire puisque le RAH va passer les 3 heures suivantes debout.
« Stop Dead » et son petit pas de danse mi grotesque mi nonchalant amorce une folie douce qui décolle définitivement sur « Push ».

The Cure - Royal Albert Hall - Mauro Melis

Juste à côté de nous, un groupe d’anglais, la cinquantaine, se lâche complètement. Air guitare, air basse, air batterie… une connivence s’installe en Stall L… « InBetween Days » est reprise par la salle au grand complet. Il est toujours amusant de balayer du regard les loges, les blocks, la fosse et voir des silhouettes faire vibrer l’ensemble.

« 2 late » est jouée live pour la seconde fois dans l’histoire du groupe. La première fois étant la veille. Robert Smith s’amuse du fait de se planter dans les paroles mais précise « it was closer » que la veille.

Grand plaisir de réentendre « Jupiter Crash », excellemment interprétée.

Je profite de « The End Of The World » pour aller au toilettes car les pintes du Gloucester Arm’s se font sentir. Et les gars que l’on croise sont d’accord sur un point : « That’s the right song to go to pee »… En effet…

Un passage assez pop voit s’enchainer « Lovesong », « Mint Car », « Friday I’m in Love », « Doing The Unstuck », « Trust », « Pictures Of You », « Lullaby » et « High ». Classique mais efficace. ROD s’éclate sur « Trust » et le « Pictures Of You » est poignant.

L’autre surprise du chef est « Harold And Joe », rareté live qui vient ajouter un titre à ma longue liste live.

Cure, c’est avant tout une musique sombre qui va chercher les émotions là où elles se trouvent : dans l’histoire de chacun.

Le passage suivant est monstrueux : « The Caterpillar », « The Walk », « Sleep When I’m Dead », « Just Like Heaven », « From the Edge of the Deep Green Sea », « Want », « The Hungry Ghost », « Wrong Number », « One Hundred Years », « Disintegration » pour finir le main set. Reeves Gabrels donne un récital. « Want » est surpuissante, « From the edge… » sublime, « Wrong number » est jouée « loud » et le finish « One Hundred Years »/ »Disintegration » rappelle que Cure c’est avant tout une musique sombre qui va chercher les émotions là où elles se trouvent : dans l’histoire de chacun.

Le premier rappel est mon préféré. Tout en nuances, rappel taillé pour Simon Gallup qui n’en fini pas de sautiller de long en large avec sa basse. « If Only Tonight We Could Sleep » et « Shake Dog Shake » enchainées : c’est improbable mais ça fonctionne. « Fascination street » envoie du lourd (Jason Cooper, big up dude !). La fin de rappel avec « Play for Today » et « A Forest » est énorme avec un public encore en ébullition.

Second rappel très pop. Bon, ce n’est pas mon passage préféré mais ça reste un passage obligé pour un concert de Cure où une partie du public vient essentiellement pour ces titres. Avec les doubles gins, les Stalls du RAH deviennent assez vite un dancefloor géant. « Catch », « The Lovecats », « Hot Hot Hot », « Let’s Go to Bed », « Freakshow », « Close To Me », « Why Can’t I Be You? »
Après tout, ça swingue!

Robert Smith, 55 ans, qui pousse sa voix au maximum après 3 h 30 de show (et 3 h 30 la veille), ça force le respect

Troisième et dernier rappel avec « Boys Don’t Cry », « 10:15 Saturday Night » et « Killing An Arab ». Gros passage pour finir pied au plancher et en apothéose.

Robert Smith, 55 ans, qui pousse sa voix au maximum après 3 h 30 de show (et 3 h 30 la veille), ça force le respect. Pogo mémorable avec les quinqua british qui se finit par une grosse accolade. Tout est question de partage.

Les minutes qui suivent un concert de Cure sont étranges… Un peu sonné, c’est le moment où tu croises des connaissances que tu n’as pas vu avant le concert. Plaisir de se revoir, mais encore dans une sorte de bulle qui ne favorise pas la communication.

Tiens, le lendemain, on a recroisé la famille avec ses deux ados sur le vol retour. Seule l’ainée qui avait un t-shirt de Cure a été au concert. Son premier concert de Cure. Il y a pire pour commencer. Et vu la forme affichée par le groupe, ça ne sera pas son dernier.

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2 Commentaires

  1. Loubazouka Loubazouka 7 avril 2014

    Merci pour cette description relativement bien écrite et surtout proche de la réalité. J’étais également présent dans cette salle mythique le samedi 29 mars, à 10 mètres de Robert, du côté de Steeve Gabrels (à gauche donc) pour un des concerts de ma vie (les autres étant les 4 autres de Cure que j’ai vu…). J’ai tout simplement adoré ces 3h45 de concert. Seul The Cure réalise des performances aussi longues, et sincèrement, ça pourrait durer 6 heures qu’on ne s’en lasserait pas! J’avais déjà était impressionné aux festivals de BBK et des Vieilles Charrues où ils avaient également tenu presque 3 heures. Je suis aussi très agréablement surpris par la voix de Robert qui promet encore de belles années de concert! Youpi!

  2. Laurent Laurent 11 avril 2014

    Hello!

    Merci à TOI Nikola PRIM… « si x ‘prim et x prime… »
    aah non pas des maths! pîtié! (Lol)
    Merci pour ton article (tu as pris le temps)
    Merci pour cette description. Pour Robert, pour THE CURE c’est à dire tous les autres dont Simon GALLUP (mythique homme du groupe) Merci pour tous les fans. Merci à tous ceux qui prennent la relève et connaissent et apprécient ce groupe qui jouent depuis avant 1980 (Lol). Moi j’ai 42 ans cette année (et j’ai du mal de plus en plus à garder mes 35 ans Lol) Je parle que ma patience par exemple, ma fanatique attitude a un peu pâtie, ce genre de chose quoi. J’ai voulu faire dans l’expérimental à un moment. Attendre la sortie d’un album de THE CURE, ne pas l’acheter (pas de suite) et découvrir « live » ces nouveaux morceaux. Il se trouve qu’ironie du sort THE CURE n’ont jamais fait cette tournée à part entière. Se confondant en festivals, pour rejouer les mêmes morceaux continuellement. C’est bien beau de voir dix fois la même chose, mais à un moment donné, y compris le temps, l’argent des transports, des tickets, plus des hôtels, ce n’est plus possible. Je me suis alors un peu fatigué. Délaissant un de mes groupes préférés, et avec qui j’ai commencé vraiment la musique, avec DEPECHE MODE en parallèle.Citons INDOCHINE pour la France. On ne peut pas plus rock pour un groupe français, qui imposaient il y a peu,33,00 euros le ticket ou rien, on ne joue pas. Si ça c’est pas un vrai geste rock! Respect à Nicola SIRKIS où d’autres demandent des prix d’or et jouent 1H30. Même si les prix ont pris un coup,un coût. Justifiés (l’endroit se paye, les infrastructures) au Stade de France, ou si le lieu à l’état brut est magique, ou à défaut symbolique, sachez qu’on n’y voit rien (faut aimer… je ne conseille pas trop. Choisissez toute autre date, sauf un Stade de France) Bercy ça reste raisonnable et bien en grandeur de salle. Dire que THE CURE jouent encore des 3H30! c’est fou! C’est bien mieux que Perrier (Lol). On était loin (par exemple) de la trilogie du ZENTITH à PARIS. Trois jours d’affilée. Three Imaginery Days (Lol) mais en vrai. Des mecs qui font trois concerts différents. Génial! Bon, cela n’est pas toujours possible. Les tournées parfois longues. Il faut comprendre la fatigue des trajets.. etc… tributaires des machines pour Depeche Mode par exemple. Il faut bien se tenir à une trame. Avec l’expériences des choses et de la vie, on comprend mieux qu’à seize ans c’est sûr. Mais à seize ans, on est plus fou pour croire, et vivre un tas de possibles et de moments privilégiés. On perd une part de magie aussi plus vieux. Mais on en construit d’autres de magies! Si ce n’est pas systématique, il ne sert à rien de faire STRASBOURG par exemple et METZ (Amneville) dans la foulée. LYON peut alors être un set quasi copié collé pour bon nombre d’artistes. Quand on est fan (et si on a l’argent… et quand on est jeune et qu’on n’a rien à glander dans la vie Lol) cela passe. Après un peu moins. Mais lors de cette tournée (1996 je crois) ANVERS fut ensuite mémorable, et Robert donnait à son public belge un de ses plus beaux shows du Tour. Depuis de l’eau est passée sous le pont, comme on dit. J’ai vécu notamment le concert privé à l’Arche de LA DEFENSE (Paris proche Puteaux / Nanterre pour situer) Puis ce fut assez calme. J’ai cette impression là, de cette attente d’un nouvel album, d’une nouvelle tournée qui n’arrivaient pas. Voilà enfin les premiers sons de cloche. Avec Pâques cela tombe bien. Depuis quelques semaines, on sait que le nouveau THE CURE arrive. Est-ce rassurant? de savoir que les sessions datent de 4-13 DREAM dernier LP enregistré il y a 6 ans?
    Qu’a foutu Robert SMITH en inspiration durant toutes ces années? Les INROCKS (hebdomdaire) soulignait le fait, que cela pouvaut refroidir un peu les hardeurs de certains fans. On peut effectivement s’en inquiéter, même s’il peut y avoir certaines perles. On aurait aimé que Robert SMITH ne nous fasse pas (principe débile des maisons de disques) un prévisible (tacite!) bonus 2 morceaux, allez quatre! totalement nouveaux, c’est à dire écrits assez récemment. Ce qui n’est pas prévu à l’état brut de décoffrage. Robert nous expliquera ça en interview (Lol) il y aura peut-être de belles surprises. On sent toutefois un manque d’inspiration, et un devoir de contrat (signés pour autant d’albums) Bref, pour conclure THE CURE un groupe qui mérite d’être découvert, re-découvert. En attendant plus neuf que neuf. Lors du prochain album après ce prochain album. Vous me suivez? Pas encore prévu, et qui livrera ses compositions pures 2015 par exemple. L’espoir fait vivre. On aura attendu très longtemps. Personne ne m’écrira je suppose, ou ceux que j’ai perdus de vue et qui me connaissent… mais bon je laisse mon mail on ne sait jamais. Y’a pas que des français à la mentalité française en France (Lol) (individualisme, nombrilisme, égoïsme… radinisme Lol… What Else?) mail : martinleegore2 sur yahoo fr Laurent M

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