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Robert Smith : « Un jour je n’aurai plus de cheveux et je ne ressemblerai plus à un gothique »

Comme on devait s’y attendre, l’interview donnée à The Guardian n’est pas la seule accordée par Robert Smith en amont du Meltdown Festival qui débute le 15 juin. Voici un nouvel entretien, cette fois-ci pour le site anglais Time Out.

Et plutôt que de vous faire un résumé des points les plus intéressants, lisez plutôt ci-dessous la traduction de l’article !


Robert Smith : «Un jour mes cheveux tomberont et je ne ressemblerai plus à un gothique»

Robert Smith, le chanteur de The Cure, est le curateur du Meltdown de cette année. Il parle avec enthousiasme du line-up, de maquillage et de pourquoi, en fait, il n’a jamais été un goth.

Par James Manning
Publié: lundi 11 juin 2018

C’est la Journée mondiale du Goth et Robert Smith se maquille pour la première fois depuis 18 mois. « Je ne sors pas comme ça », note le chanteur, compositeur et seul membre de The Cure. Je n’ai même pas retrouvé mon maquillage hier pour venir ici.

« Up here » est à Londres – Ayant grandi dans le West Sussex, Smith a vécu tranquillement sur la côte sud depuis maintenant plusieurs années. Plus précisément, « Up here » est le nom d’une salle de réception située au Royal Festival Hall. Smith a ressorti son rouge à lèvres et s’est rendu en ville aujourd’hui parce qu’il est le dernier demi-dieu musical à organiser le festival annuel Meltdown du Southbank Centre, une tâche qui incombait auparavant à David Bowie, John Peel, Patti Smith, MIA et Morrissey. .

Robert Smith est célèbre pour trois choses : se maquiller, avoir de grands cheveux, et écrire et chanter quelques-unes des plus belles chansons de la langue anglaise. Sa programmation inclut Placebo, Nine Inch Nails, Deftones et My Bloody Valentine. C’est un who’s who de ce qu’il a qualifié de «musique populaire alternative» : une génération inspirée et influencée par la pop rêveuse et épicée de The Cure. Après tout, qui refuserait une invitation du gars qui a écrit Boys Don’t Cry ?

Meltdown est la raison pour laquelle Smith rencontre la presse : ce n’est que sa deuxième interview au cours des cinq dernières années. Non pas qu’il soit réticent. En fait, c’est un bavard – volubile, combatif, nostalgique, parfois même un bon gars – même s’il est fatigué après un réveil (relativement) de bonne heure. «Ce ne sont pas mes heures», prévient-il. «Je vais normalement au lit entre cinq et six heures du matin et je me lève entre une et deux heures de m’après-midi ».

J’avais à moitié espéré qu’il apparaîtrait dans un survêtement blanc et des lunettes aviateurs, mais non : en dehors de la voix, vous auriez du mal à le sortir d’une file de sosies de Robert Smith (et il y en a beaucoup). Rouge à lèvres? Ok. Eyeliner ? Ok. Massif nid de cheveux noirs éraillés, légèrement grisonnants ? Oh oui. Une grosse surchemise noire, une boucle d’oreille en argent, des bracelets en cristal, un pendentif en forme de cœur … bref, c’est la tenue de Robert Smith. Certains l’appellent The Gothfather.

Vous avez eu une relation difficile avec le mot «goth». Cela a-t-il quelque chose à voir avec vous ?
Pas vraiment ! Nous avons été catalogués à un certain moment quand les goths sont apparus. Je jouais de la guitare avec Siouxsie And The Banshees, donc je devais jouer un rôle. Goth était comme une pantomime pour moi. Je ne l’ai jamais vraiment pris au sérieux.

Mais vous êtes une icône goth ! Vous avez passé les 35 dernières années à porter des tenues noires et du maquillage !
C’est juste une mise en scène théâtrale. Cela fait partie du rituel pour les concerts. Il y a aussi la raison prosaïque : j’ai des traits mal définis et une peau naturellement pâle. Je veux dire, pas pour le moment, parce que je me suis malheureusement endormi au soleil hier – pas vraiment goth…

Qu’en est-il de tous vos fans qui s’identifient comme des goths ?
Chaque goth que j’ai rencontré a été très gentil. C’est une sous-culture qui compte beaucoup de gens merveilleux. Mais je n’ai jamais aimé ce qui est classé comme musique gothique.

Si vous êtes allé dans un vrai club goth, vous n’entendriez certainement pas « The Love Cats ».
Non. Au début, j’avais l’habitude d’aller au Batcave (NDLR : club gothique) avec Steven Severin (co-fondateur du groupe Banshees et partenaire de Smith dans le projet parallèle The Glove). Mais je n’y suis allé qu’une poignée de fois, principalement parce que le bar était ouvert jusqu’à deux heures du matin.

Vous viviez à Londres à l’époque, n’est-ce pas ?
Oui, j’ai vécu à Maida Vale pendant quelques années dans les années 80. J’étais assez jeune pour en profiter, mais j’ai assimilé Londres à un mode de vie particulier, qui n’était pas un mode de vie très sain. Quand je n’étais pas en tournée, j’avais besoin d’un endroit très calme, en quelque sorte comme une maison de retraite. Je me suis marié en 1988 et j’ai déménagé sur la côte sud, et j’y suis toujours. Il y a certains aspects de Londres qui me manquent : les trucs de fin de soirée, le côté culturel de la vie dans une grande ville internationale. Mais je ne reviens pas !

Est-ce que le fait d’être en ville signifie que les fans vous approchent davantage ?
Je m’y attends quand je sors. Là où je vis, je n’ai plus l’habitude d’être sur mes gardes, parce que je fais partie des meubles. Mais parfois, si je veux aller voir quelque chose et faire partie du public, cela devient difficile. Je suis allé au London Dungeon avec l’un des plus jeunes de mes neveux et je suis devenu une partie du divertissement. Ils m’ont en quelque sorte intégré dans le spectacle.

Parlons de Meltdown. Avez-vous déjà participé à des concerts du Meltdown en tant que fan ?
Je suis venu voir Bowie quand il a organisé son Meltdown (en 2002). J’ai vu tous ses concerts au Meltdown, en fait. Et j’ai vu Tricky une année. Je pense que le curateur était … Oh, je ne me rappelle plus. Le mec reggae qui porte un chapeau en papier aluminium.

Lee ‘Scratch’ Perry ?
Oui ! J’ai vu Tricky à ce festival. C’était l’un des backstages les plus bizarres que j’ai jamais vus de ma vie – vous pouviez couper la fumée avec un couteau. Alors oui, j’en ai fait quelques-uns au cours des années, et c’est un honneur d’avoir pu y assister.

Est-ce que ça fait bizarre de faire quelque chose en solo, sans The Cure?
Je n’ai jamais rien fait en public où c’est juste moi. Ce n’était pas du tout ce que j’avais prévu – à l’origine ça devait être le Meltdown de The Cure. Mais ce grand concert de Hyde Park est arrivé en même temps et l’organisation du festival était très méfiante sur l’exclusivité, alors c’est devenu mon Meltdown. C’est en fait une bonne chose, car il aurait été tout à fait impossible d’organiser un festival à cinq. Nous n’arrivons même pas nous mettre d’accord sur la musique dans le bus quand nous sommes en tournée.

Beaucoup de groupes que vous avez choisis appartiennent à votre époque et votre genre. Était-ce délibéré ?
Je n’essayais pas d’être tout pour tout le monde. J’écoute énormément de choses, et certaines ne conviennent pas au Meltdown – si j’avais commencé à tout inclure, ça aurait été un beau bordel. Je l’ai donc limité à des groupes qui étaient de très bons groupes live. J’ai toujours été attiré par une musique plus émotionnelle, et ils portent tous leur cœur à bout de bras.

Ce sont aussi des groupes importants.
Je suis allé sur Wikipedia et j’ai regardé les line-up de tout le monde et j’ai pensé : Bon, je vais viser haut. Donc, ma première invitation était pour les Rolling Stones. Ils ont refusé, mais les groupes suivants sur ma liste ont tous dit oui, j’en ai été incroyablement honoré.

Vous avez annoncé Frightened Rabbit pour le line-up un mois avant la mort tragique de leur leader Scott Hutchison. Que ressentez-vous ?
C’est affreux. C’était un des groupes que j’étais vraiment impatient de voir. Je les ai écoutés pendant dix ans. Je ne l’ai jamais rencontré, mais j’ai l’impression de le connaître à cause de sa voix.

J’ai entendu dire que vous voulez voir chaque groupe au festival. Est-ce possible ?
Théoriquement, c’est possible. Je ne suis pas sûr que ça le soit physiquement ou mentalement, mais j’ai l’intention d’essayer. Comment je vais me sentir au sixième jour, ça je n’en sais rien.

Et qu’est-ce que vous planifiez pour votre propre spectacle : Curætion 25 ?
Le concert que je construis pour la dernière nuit est complètement différent de tout ce que nous avons fait depuis longtemps. Il y avait quelque chose sur le site Web disant que le public est encouragé à se lever. Je me suis dit : « Pas si vite ! Je suis en train d’imaginer un concert qui sera complètement déprimant ! » Hyde Park, c’est une ambiance de grand festival, Meltdown ça va être deux heures de malheur et de morosité. Nous ne jouerons probablement pas les grands singles.

Vous attendiez-vous à jouer encore des concerts, à près de 60 ans ?
Non. Déjà, si j’avais eu l’intention d’être le groupe numéro un au monde et que je me heurtais toujours contre cette muraille là, je serais heureusement déjà mort – et dans la cas contraire, je serais un crétin. La démarche fut de faire ce ce que j’ai aimé : être un artiste, être un peu compliqué si je le veux . Tout ce que The Cure a fait est purement égoïste. Je n’ai qu’une vie, et je devrais vraiment faire des choses qui m’apportent de la satisfaction. De toute façon, un jour mes cheveux tomberont et je ne ressemblerai plus à un gothique. J’attends simplement ce moment.

Robert Smith’s Meltdown est au Southbank Centre. Ven. Jun 15-Jun 24.

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