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PJ Harvey – Let England Shake

Rappelez-vous …
En 2007, PJ Harvey avait quitté notre monde pour s’engouffrer dans un univers immatériel. En ce début d’année, l’artiste du Dorset a de nouveau remis les pieds sur terre … en l’an 1914.
Mais pourquoi se replonger si loin dans cette violente page de l’histoire de son pays ? Peut-être pour mieux comprendre les implications de ces évènements sur la situation politique actuelle, partagée entre des sentiments d’amour et de haine envers sa patrie. Le titre de l’album pourrait d’ailleurs se lire de deux manières différentes : l’Angleterre tremble ou l’Angleterre doit se réveiller.

Let England Shake est avant tout un incroyable texte, un roman, un formidable récit où les tranchées resurgissent, où les dents craquent dans des bouches pourries, où la guerre ne laisse que des enfants orphelins dans son sillage, où la terre, rouge-brun suinte de la couleur du sang.

Alors, album guerrier ? Non, parce que contrairement à ses débuts, PJ Harvey chante ces textes douloureux sur des mélodies accrocheuses et aériennes, ciselées par une instrumentation inattendue oscillante entre rock et chansons du folklore. Tout cela porté par une voix d’une puissance magistrale. Plutôt par des voix puisque l’une des caractéristiques de ce disque est la présence prégnante des voix de John Parish, Mick Harvey et Jean Marc Butty qui portent, soulignent, accompagnent admirablement celle de Poly Jean.
Musicalement l’album est d’une grande sobriété, mélangeant guitares et instruments anciens, caractérisé par une batterie très discrète. J’y retrouve une certaine réminiscence de White Chalk dans le coté décalé, désaccordé, léger. Le lyrisme est très présent, plus fort que jamais.

Plusieurs titres atteignent le sublime : « The Glorious Land », « On Battleship Hill », « In The Dark Places », « All And Eveyone », « The Word That Maketh Murder », « England ». Hormis deux morceaux plus anecdotiques à mes oreilles, l’ensemble (très / trop court) est d’une cohérence et d’une qualité impressionnante. PJ Harvey a voulu s’engager avec le monde et s’efface en faveur de ce récit (la très belle pochette de l’album est d’ailleurs la première ou la grande dame n’y apparaît pas).

PJ Harvey ne connaît pas la ligne droite. Son parcours est définitivement sinueux, hors du temps, rarement dans le ton de l’époque mais plutôt dans une quête personnelle qui semble inébranlable. Let England Shake est une œuvre totale, d’une sincérité redoutable, d’une beauté vénéneuse. MAGISTRAL.

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