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Interviews du fanzine « Three Imaginary Boys » / Interview #1 / THE HOLY HOUR

three imaginary boys…
well there are five of us at the moment (NDLR : 4 maintenant…), but t.i.b has been around for a long time…
it’s the name of the french fanzine run by jean and marie…
and the only bad thing about t.i.b is that it’s only available in french!
Over the years Jean and Marie have become part of the cure entourage and have travelled around the world reporting on our exploits…

Vous l’aurez compris, TIB était plus qu’un fanzine et ses rédacteurs plus que des fans dévoués et admiratifs. Au cours des années, Jean et Marie ont suivi les Cure à travers tournées, enregistrements, etc. Devenus des témoins privilégiés de la vie des Cure, ils ont pu les interviewer à plusieurs reprises et dans des conditions plus proches d’une conversation entre amis que d’une entrevue journalistique. Robert Smith, parfois accompagné de Simon Gallup, se livre (quasiment) sans retenue, et surtout ne joue pas au jeu du « je mens comme un arracheur de dents » qu’il affectionne d’habitude tant avec les journalistes… Il ressort de ces interviews quelques précieuses informations, qui nous éclairent davantage sur la vie, le travail et les sentiments d’un Robert Smith que l’on juge parfois (à tort ?) comme étant dictatorial, caractériel et lunatique.

Voici regroupées ici une sélection de ces entrevues privilégiées qui jadis étaient disponibles sur le site officiel du groupe.

Voici le texte qui introduisait ces interviews :

 » Les interviews de Tib sont des moments privilégiés tentant d’approfondir ce qu’on peut lire dans la presse. Souvent anachroniques, réalisées lorsque le groupe n’en donne pas, ces interviews essaient de présenter une vision différente de The Cure. Les coulisses de Bercy en 89 ont inauguré cette série de rendez-vous. De cette rencontre fébrile dans l’atmosphère prenante du Prayer Tour, une attirance irrépressible pour cet exercice nous a conduit à renouveler l’expérience, d’abord dans le studio d’enregistrement des démos de Wish , puis lors des tournées qui suivirent. Vous lirez dans cette chronique, des extraits des propos les plus marquants glanés au fil des ans ».


Interview #1 / THE HOLY HOUR

Dans l’atmosphère angoissante du Prayer Tour, Bercy offre un îlot de recueillement inattendu. Les premières notes de « The Holy Hour » en soundcheck annoncent la couleur d’une soirée inoubliable. La vision est plus que magique. Robert et Simon, complices et détendus offrent à TIB son premier entretien.

Souvenirs…

La chanson « Disintegration » est très proche de « 100 Years » en ce qui concerne les paroles et la manière de chanter. Vois-tu vraiment la vie comme elle est décrite dans la chanson ou est-ce une manière d’exprimer un refus des responsabilités ? De quoi parles-tu exactement dans la chanson ?
Robert Smith : Je pense que musicalement c’est similaire mais pas du tout au point de vue des paroles, parce que « 100 Years » est à propos d’un abandon et exprime simplement ce qu’il y a dans la première ligne « Cela n’a pas d’importance si nous mourrons tous ». C’est une sorte de désespoir alors que « Disintegration » parle de l’éloignement de quelqu’un, c’est une chanson, dans un certain sens plus chargée d’espoir que « 100 Years » parce que « 100 Years » parle du ras le bol envers tout alors que « Disintegration » parle seulement des horreurs d’une relation. Ce sont donc des choses différentes mais je suppose que musicalement, il y a la même insistance dans la batterie et dans la basse.
Est-ce qu’elles sont si similaires ? (à Simon)
Simon Gallup : Je crois, oui, je veux dire qu’elles le sont dans le fond.
Robert : Evidemment, le son est plus proche de « 100 Years » que de « Lovecats ». Je pense qu’il y a un certain style et je veux dire que « Lovesong » sonne comme « Catch » et qu’il y a certaines similitudes entre beaucoup de chansons, mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. Lorsque nous avons écrit Disintegration, en avril dernier alors que je venais juste d’avoir vingt-neuf ans, j’ai réalisé qu’à mon prochain anniversaire, j’aurai trente ans et c’est à propos de ce que je ressentais mais je ne suis pas tout le temps comme cela. C’est le problème quand tu écris des chansons ; lorsque tu es un peu dépressif, les gens pensent que tu es tout le temps comme cela mais j’écris souvent lorsque je suis déprimé.

Maintenant que tu as trente ans, te sens-tu vieux ?
Robert : Aujourd’hui oui. J’ai cent trente ans.
Comment te vois-tu dans dix ans ? Es-tu toujours aussi effrayé par la vieillesse ?
Robert : Je ne sais pas. Je pense que plus je vieillis, plus je me résigne au fait de vieillir. C’est une sorte de paradoxe : plus tu es jeune, plus vieillir t’inquiète et dans mon cas, cela est vrai. Je ne sais pas ce que je ferai dans dix ans. Je pense qu’un jour je me réveillerai et je serai complètement différent. Je me regarderai dans un miroir et j’en rirai. Je ne sais pas, j’espère seulement être toujours capable de monter des escaliers dans dix ans et j’espère aussi pouvoir autant apprécier les choses dans dix ans que maintenant. La seule chose qui m’inquiète à propos de vieillir est une combinaison, pas la peur de mourir mais plutôt l’incapacité de profiter de la vie lorsque tu vieillis, les choses que tu ne peux plus faire, je veux dire physiquement. Cela me frustre et déjà je ne peux plus faire des choses que je faisais il y a dix ans, je bois trop et je ne fais pas autant d’exercice que je devrais…. Simon voudrait avoir trente cinq ans.
Simon : L’âge parfait !!!!
Robert : Que feras-tu lorsque tu auras trente-six ans ?
Simon : Je serai très déprimé.
Tu ne fais pas d’exercice lorsque tu es sur scène ?
Robert : Si, mais je le fais à travers des bouteilles de vin.

Dans « Last Dance », tu parles de l’amour et du sentiment que tu avais étant jeune, en particulier dans la phrase  » Even if we drink, I don’t think we would kiss the way like we did when the woman was only a girl »
Robert : Hum !!!

Est-ce que tu penses que ton public qui est de plus en plus jeune depuis 1985 pourra comprendre ?
Robert : Non mais lorsque j’ai écrit « Last Dance » j’ai écrit des paroles qui exprimaient un sentiment particulier que je ressentais à propos d’une personne déterminée et je ne me soucie pas de savoir si cela a un sens pour quelqu’un plus jeune que moi. Probablement non, parce que je veux dire, les gens dans les concerts ont seize ou quinze ans et ne sauront pas de quoi je parle. Mais il y a aussi des gens qui viennent à nos concerts qui ont quarante ans, tu sais, nous avons rencontré des gens qui nous suivent depuis 1979. Il y a toujours des gens qui viennent à nos concerts en se souvenant du Seventeen Seconds Tour et ces gens sont plus vieux que nous mais notre public ne devient pas de plus en plus jeune, le public a un âge constant au fur et à mesure que nous vieillissons. Je pense que dans un sens, c’est tellement sous-estimé le public de penser qu’il ne peut pas comprendre parce que quand tu lis un livre à quinze ans à propos de la vieillesse, tu peux comprendre son concept. Je veux dire que tu dois avoir moins de quinze ans pour ne pas avoir une certaine peur de vieillir. Je pense qu’avant quinze ans, tu ne penses même pas que tu peux vieillir alors que quand tu atteins quinze ou seize ans, de par la loi, tu deviens un adulte et tu es capable d’avoir des responsabilités et soudain tu réalises que tu vas vieillir. Je pense que les gens comprennent la plupart des choses que nous chantons, en fait il y a évidemment des chansons qui n’ont aucun sens pour personne parce qu’elles sont trop personnelles.

Mais est-ce que tu penses qu’il y a une incompréhension entre le groupe et son public ?
Robert : Humm, je pense qu’il y a une mauvaise conception de ce que je suis personnellement parce que beaucoup de gens viennent nous voir et ils pensent qu’ils nous connaissent, et ils commencent à nous dire des choses bizarres à propos du groupe. Ils viennent nous voir et pensent savoir ce que je suis ; ils connaissent mon nom mais je ne les ai jamais rencontrés. C’est comme lorsque j’étais à l’école, les gens venaient me voir « Ah, tu es Robert Smith » ; et ils veulent devenir ton ami mais quelqu’un leur a dit ton nom. Ce que je veux dire c’est que je peux aller n’importe où et un quelconque inconnu viendra me dire : « Ah, Robert Smith, je te connais » mais je sais que non. Mais tu ne peux pas échapper à cela lorsque tu atteins un niveau où les gens te connaissent et te décrivent d’une certaine manière. Le malentendu est vraiment là comme lorsque quelquefois nous sortons et nous nous saoulons et que je suis pris d’un éclat de rire. Les gens pensent: « Pourquoi fait-il cela ? ». Je pense que la plupart du temps les gens apprécient que nous soyons comme eux. Nous sommes vraiment normaux. Mais nous sommes dans une situation anormale.

Vos chansons deviennent de plus en plus simples. « Lovesong » est le meilleur exemple de la chanson au premier degré. Est-ce qu’il y a une raison ou une explication à cela ?
Robert : Je pense que je me sens plus confiant pour chanter à coeur ouvert les choses que je cachais auparavant et aussi, ce sont les chansons les plus difficiles à écrire, les chansons les plus difficiles à chanter comme « Lovesong » parce que si ce n’est pas fait de la manière que tu sentes que ce n’est pas bien ou que ce n’est pas fait du fond du coeur, cela sonne stupide, cela sonne artificiel; mais je voulais écrire une chanson d’amour et c’est pour cela qu’elle s’appelle « Lovesong ». J’ai pensé que plutôt que d’essayer de penser en symboles et autre chose, j’écrirai les chansons comme si je parlais à quelqu’un. Si je chantais des trucs comme (Robert prend un ton niais, style crooner – NDT) « You’re so far away… », cela devient automatiquement stupide, les gens penseraient « quelle chanson horrible » mais je pense que la seule manière dont tu peux chanter une telle chanson est simplement que cela vienne du coeur et si tu ne sens pas que tu peux écrire une chanson comme cela, alors tu ne le fais pas. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui écrivent des chansons pop et ce sont des chansons pop de la pire espèce, celles qui comportent le mot « Amour » et cela sonne « Loveeeee ». Cela me rend vraiment malade mais c’est pour cela qu’il y a très peu de nos chansons qui sont directes, c’est parce que je me suis senti à l’aise pour l’écrire aussi forte. Je veux dire : une chanson comme « Give Me It » est beaucoup plus directe et à l’opposé, c’est de la haine à l’état pur et « Shiver And Shake » était aussi cette haine pure mais la plupart des chansons se situent quelque part entre les deux.

La pochette de « Disintegration » et quelques chansons comme « Homesick » nous évoquent un album solo. Est-ce le genre de matériel qui pourrait figurer dans un album solo de Robert Smith ?
Robert : Non. Je n’ai pas écrit « Homesick » et je n’ai même pas écrit la musique non plus. C’est une autre mauvaise conception. C’est entièrement de ma faute. Porl et Andy qui ont fait la pochette, m’ont suggéré de me mettre sur la couverture comme une noyade. J’étais d’accord et à l’époque, j’ai dit OK, à ce moment là tout le monde disait que c’était OK pour que je sois sur la pochette mais cela a posé des problèmes autant dans le groupe que dans la presse. Je suis de plus en plus mis en avant actuellement alors que je ne pense pas l’être, je ne le suis plus du tout comme avant. Il y a seulement plus de papiers sur nous et plus de photos de moi. Cela n’aurait pas pu du tout être un album solo. Sur les douze titres du CD, je pense n’avoir écrit que six chansons musicalement… « Untitled », tu as écrit celle-ci ? (à Simon). C’était Roger ? Je ne l’ai pas écrite, cela n’aurait pas pu être un album solo et si je l’avais fait, cela n’aurait, de toute manière, pas du tout sonné comme The Cure sauf ma voix. « The Top » aurait pu être un album solo mais il n’est pas vrai de la façon dont nous travaillons en studio. Je veux dire, je peux toujours être dictatorial et j’ai toujours le dernier mot, je suppose, si l’on en arrive à une querelle, mais la manière dont nous travaillons actuellement en studio est vraiment une manière démocratique de travailler. Tout le monde contribue avec son propre instrument avec tous les autres. Si Simon joue de la basse, je lui dirais « essaie de cette manière » et si je joue de la guitare où si je chante Simon va me dire « essaie de cette manière ». Il y a cette communication entre nous. Nous sommes plus un groupe que les gens ne l’imaginent et c’est, frustrant pour moi parce que j’ai la décision finale les gens pensent que c’est Robert Smith et les Cure et il y a d’autres fans qui me regardent en tant que ….. Ce n’est pas Robert Smith et les Cure.

Et ton album solo sortira-t-il un jour ?
Robert : Probablement, je suppose, mais je ne sais pas quand et cela n’a pas vraiment d’importance. Je l’ai déjà fait de toute manière et j’invite les autres à jouer dessus !!! (rires)

Est-ce que tu penses que cela signera la mort de The Cure ?
Robert : C’est probablement pourquoi je ne suis pas très enthousiaste pour le sortir.
Simon : Pourquoi penses-tu que ce sera la mort de The Cure ?
Parce que je pense que ce sera le dernier.
Simon : Pourquoi ? Si Robert fait un album solo ?
Robert : Je ne sais pas, parce qu’en fait les chansons sont construites de telle manière qu’elles sont faites pour moi seul. Elles sont si primaires et si simples, pas assez riches pour que beaucoup de gens jouent. Il y a de la batterie sur seulement deux chansons sur dix. Aussi ce serait un peu idiot. Cela pourrait être un album de The Cure mais je ne pense pas que cela serait juste. Ainsi, je les ai simplement faites tout seul. C’est comme… « Ariel » est une des chansons qui figurent dessus et nous l’avons faite en tant qu’une chanson de The Cure il y a quelques années; il y a aussi un certain nombre d’autres chansons que nous avons enregistrées en démo pour The Cure à travers les années et elles n’ont pas été utilisées. Je les aime vraiment mais elles ne « fonctionnent » pas en tant que chansons de The Cure. C’est ainsi complètement différent. Je ne pense pas que cela soit vrai. Je veux dire que Boris vient de faire l’album solo de Mc Cullough et il s’y est beaucoup donné. Sortir un peu du groupe, je pense que c’est un peu naïf de croire que tu ne dois rien faire en dehors du groupe. J’admets que cela soit probablement différent pour moi que cela ne l’est pour n’importe qui d’autre. Lorsque j’ai joué avec les Banshees, cela n’a ennuyé personne. Je ne pense pas que cela soit plus important. Je ne pense pas que je sortirai un album solo si le groupe jouait encore parce que cela apparaîtrait comme si j’étais limité d’une quelconque manière par le groupe ce que je ne suis pas du tout. En fait, le groupe a répondu à tout ce que je faisais et c’est pourquoi j’adore être dedans. De toute manière, je vais refaire les chansons comme je l’ai dit afin que Boris joue de la batterie…..

Tu as dit que cette tournée serait la dernière. Quelle est la raison de ce choix alors que tu aimes à dire qu’être sur scène est très excitant ?
Robert : C’est toujours excitant, une des meilleures choses au monde mais…
Simon : Comme la bière entre … (les morceaux – NDT).
Robert : Oui. C’est vraiment mental plus que physique. Tourner vous fait devenir un monstre. Vraiment, même si tu essaies très fort de lutter contre cela. Dans cette tournée, cela fait maintenant onze semaines et je pense qu’on s’en est bien sortis mais cela commence à se désagréger, les gens changent, tout le monde est un peu sur les nerfs, il y a plus de querelles maintenant que lorsque la tournée a débuté, voilà ce que cela te fait à long terme. Sur le plan pratique, que pourrions nous faire de toute façon ? Nous allons aux Etats-Unis en août et nous sommes supposés jouer au Giants Stadium à New York et au Dodger Stadium de Los Angeles et si nous trouvons que c’est bien, nous retournerons aux Etats-Unis dans deux ans et que ferions nous ? Nous ne jouerions seulement que dans de plus petites salles ou dans les mêmes endroits ou dans les mêmes endroits deux fois ou trois fois et il n’y a plus d’excitation dans cette éventualité parce que cela signifie que soit tu es en déclin, soit tu continues à grimper et je ne veux pas que le groupe s’arrête sur le déclin. J’aimerais qu’il s’arrête avant… en ce moment je pense que le concert d’hier (le 8 juillet – NDT) fut certainement un des meilleurs concerts que nous n’ayons jamais faits et nous sommes toujours sur le bon chemin et je détesterais revenir dans dix-huit mois en ne faisant que de la merde. Tu finis par être un idiot à simplement continuer de faire la même chose année après année.

Mais est-ce que vous pensez que jouer devant un public est plus intéressant que de faire des disques ?
Robert : Non, pas plus intéressant. C’est plus excitant, mais faire des disques m’apporte beaucoup plus de satisfaction. Qu’en penses-tu ?
Simon : Oui. Sur scène tu obtiens comme une gratification immédiate qui te donne du punch mais faire des disques, cela dure plus longtemps. C’est plus satisfaisant.

Robert, tu sembles te concentrer plus sur le chant que sur ton jeu de guitare. Est-ce que tu te sens plus un chanteur qu’un guitariste aujourd’hui ?
Robert : Est-ce que je me sens moins guitariste que chanteur ? Je pense que c’est une combinaison de choses qui m’a conduit à jouer moins de guitare. La première est que je me suis senti plus attiré de tout temps par le micro que par la guitare mais sur les nouvelles chansons j’ai beaucoup joué de la basse à six cordes et je préfère en jouer plutôt que de la guitare. Je n’ai jamais vraiment aimé jouer de la guitare autant que ça (étonnement de Simon – NDT) mais ce soir je devrais plutôt jouer de la guitare car ma gorge me tue!!! J’ai essayé d’améliorer mon chant durant ces cinq dernières années et je ne me suis pas soucié de m’exercer à la guitare une seule fois en cinq ans. Ainsi, je dois me considérer comme un chanteur. J’aurais pu être un chanteur !!! (rires)… si je m’étais entraîné.

Les fans attendent toujours cette chanson « Ariel » que vous avez jouée dans le Kid Jensen Show en 1982. Qu’en est-il exactement ? Allez-vous la sortir ?
Robert : Non, c’est une des chansons que j’ai faite pour l’album solo. Cela ne sortira pas, c’est voué aux oubliettes. On ne l’a jamais faite parce que pour moi, elle n’a jamais sonné juste, elle n’est adaptée à aucun album. Cela n’a jamais marché parce qu’à l’origine, elle a été conçue avec trois autres chansons appelées « The Four Of Us » et elle en faisait partie. Malheureusement, il y a aujourd’hui un groupe appelé The Four Of Us, les salauds !!! « Lament » était une de ces chansons que l’on a faite aussi en simple et l’autre s’appelait … oh mon Dieu, l’autre s’appelait « Despair », oui, la chanson la plus dépressive que je n’ai jamais écrite. C’était comme une chanson de Nick Drake.

En 1985, sur la version maxi de « Close To Me », vous avez ajouté « New Day », une chanson de 1984. Avez-vous beaucoup de matériel en réserve qui dort dans les studios ?
Robert : Pas beaucoup, mais un peu… Probablement six ou sept chansons.
Simon : Je pensais que tu avais une K7, tu te souviens lorsque nous avons fait le premier « Primary » ?
Robert : Et nous avons fait cette chanson : « Tatatatatata » (Robert chantonne-NDT)… Celle-là !
Simon : Une chanson indienne.
Robert : ….La raison pour laquelle je ne les ai jamais utilisées est que nous ne les aimions pas, aussi cela aurait été stupide. Cela fait partie du contrat que nous avons signé avec Fiction et Polydor il y a deux ans. Nous ne sommes pas autorisés à sortir tout le matériel que nous avons enregistré sans leur autorisation; sauf si nous décidons de faire un autre album Curiosity, elles ne sortiront pas. De toute manière, la plupart d’entre elles sont vraiment de la merde. C’est simplement parce qu’on les a enregistrées, mais cela ne veut pas dire que c’est bon. Quelquefois nous enregistrons les pires merdes. Pas souvent, mais parfois… A propos de : (Robert chantonne-NDR) « What Do You Like » !
Simon : oh oui!
Robert : « Kelly »??? « Mary ».
Simon : « Kelly Mary »
Robert : Elle a été chourrée!!!
Simon : Vraiment ?
Robert : Oui, c’est un des titres qui nous a été volé. Cela sortira sans doute un jour dans une saloperie de pirate « Cure love disco again ».

En 1986 « Do The Hansa » fut la face B de la version maxi de « Boys Don’t Cry » mais cette version est tout à fait différente de l’originale que vous aviez l’habitude de jouer sur scène, le « Disco music, disco music » a disparu, est-ce en relation avec le succès que vous aviez à cette époque ?
Robert : Etait-ce vraiment différent ? C’était une des versions de « Do The Hansa » enregistrées avec Michael et Lol. Avec la version originale nous avons seulement utilisé le changement (de bassiste-NDT) , nous avons joué tous les quatre (Simon et Michael comme bassistes-NDT), n’est-ce pas ? Et nous avons pensé, Matthew, Simon, moi et Lol… nous avons changé l’original pour mieux correspondre avec ce que nous faisions à l’époque où cela a été enregistré; en fait cela aurait été plus simple de le ré-enregistrer.

C’est la version originale ?
Robert : Oui et « Pillbox Tales » également. Oui, c’est l’originale mais je pense que j’ai rechanté « Pillbox Tales ». Oui, je l’ai fait et j’ai rechanté « Boys Don’t Cry ». Ce que j’avais écrit ne m’ennuyait pas mais je pensais que si cela sonnait de cette manière c’est parce que j’étais plus jeune ; mais c’était terrible cette voix, la voix sur l’original (Robert se parodie-NDR) « Tatatatatata… »…

Et dans « Foxy Lady », avec Michael qui chante !
Robert : Oui, malheureusement. C’est la chanson de Cure que j’aime le moins, en fait ce n’est pas une chanson de The Cure (de Jimmy Hendrix-NDT).

(à Robert) : Tu as mentionné une fois l’existence d’une K7 sur laquelle tu aurais enregistré des chansons que tu as définies comme stupides et parfaites pour un 45 tours. L’as-tu encore ?
Robert : Beaucoup d’idées ont été utilisées pour des choses différentes : « Why Can’t I Be You ? » est une de ces chansons mais elle est devenue, pour moi, une chanson vraiment bonne. On fait des tonnes et des tonnes de trucs mais, je suppose que les gens pensent que, parce que nous vendons beaucoup de disques, nous ne faisons pas de choses stupides simplement parce que d’autres groupes ne le font pas. Tu ne peux pas imaginer Simple Minds simplement jouer dans une de leurs maisons juste pour le plaisir mais nous, nous le faisons. Nous jouons et enregistrons simplement sur notre seize pistes et juste pour le plaisir. C’est pour cela que nous sommes dans un groupe de toute manière. C’est pour le plaisir…

Comment décidez-vous quelle chanson sera un simple ? Pourriez vous aujourd’hui sortir une chanson comme « The Same Deep Water As You » en tant que 45 tours ?
Robert : Oui. Sur Disintegration, chaque chanson aurait pu être un simple. Je veux dire, nous avons un droit de veto, nous pouvons dire : « Disintegration » doit être notre prochain simple et le sortir. Mais ce serait tout à fait stupide de le faire car personne, dans n’importe quelle maison de disques, penserait que c’est un bon simple et donc se soucierait de le promouvoir, s’inquiéterait de savoir s’il passe à la radio ; non pas que cela se fasse d’habitude, mais on ne ferait rien pour le promouvoir qui lui donne une chance d’être entendu. Alors que faisons nous ? Nous sommes fiers de tout ce qui est dans le disque et nous laissons choisir le simple : « Vous pouvez avoir n’importe quel simple ». A l’origine, j’ai insisté pour que « Fascination Street » soit le 45. J’avais tord. Je ne sais vraiment pas, à moins que cela ne saute aux yeux, ce que doit être un 45 tours. Ce serait super de sortir « The Same Deep Water As You » comme le premier simple d’un album comme Disintegration mais il ne serait joué nulle part, alors quel serait l’intérêt ? Un album comme Disintegration est plus important qu’un simple de toute façon. Les 45 tours sont simplement des affaires promotionnelles. J’ai toujours pensé que « Lullaby »…. avec la vidéo de « Lullaby », on mentionne simplement notre nom, ce n’est pas vraiment important… C’est une bonne vidéo, elle est drôle et « Fascination Street » est OK comme vidéo mais ce n’est pas vraiment les meilleures choses que nous avons faites, je ne pense pas. Quelquefois nous faisons un simple et c’est le meilleur comme « In Between Days » qui, je pense, était le parfait simple et « Just Like Heaven » était vraiment un parfait simple mais quelquefois ils représentent le bon côté de The Cure aussi bien qu’ils mettent l’accent sur le côté pop et le pire simple… je n’aimais pas vraiment « Lullaby ».
Simon : Hein !!!
Robert : Je ne l’ai jamais vraiment aimée, elle a juste jailli. Des chansons de Disintegration, c’est la plus faible. C’est notre simple qui s’est le plus vendu, alors cela montre simplement que je n’y connais rien.

Vous avez inspiré beaucoup de nouveaux groupes et The Cure est certainement considéré comme un des groupes les plus importants des années 80. En êtes-vous fiers ?
Robert : Humm, oui. J’en ai été surpris, bien que je suppose qu’en 1979, je n’aurais jamais imaginé une seule minute que nous continuerions jusqu’en 1989. Mais à l’époque où nous avons fait Seventeen Seconds, j’ai pensé que, même pour ce seul disque, nous serions remarqués aussi, je ne m’en suis plus jamais soucié. J’ai pensé que nous avions fait un bon disque et c’est tout ce qui était important. En étant réaliste, c’est très surprenant la façon dont nous avons si bien réussi, mais, si je devenais prétentieux, je dirais que j’ai rencontré très peu de gens dans d’autres groupes qui sont près du sens de perception ou d’intelligence que les gens qui sont dans The Cure; ils disent seulement des conneries, ils vont dans la mauvaise direction et cela convient à beaucoup de gens. Un groupe est utilisé comme véhicule pour aller quelque part. C’est comme les gens qui vous disent : « Est-ce que vous aviez jamais imaginé « arriver » à ce stade en 1989″ ? Je n’ai jamais pensé à l’idée d’aller quelque part. Etre dans The Cure a toujours été de faire ce que nous faisons actuellement. Nous n’avons jamais eu l’idée d’aller quelque part parce que Seventeen Seconds est un disque aussi important que Disintegration, mais il n’y a pas de logique qui vous fait arriver de Seventeen Seconds neuf ans plus tard à Disintegration; la part de logique est juste ce qui est arrivé. Non, je pense que j’en suis fier. (à Simon) Le sommes-nous ?
Simon : Fier de jouer pour des trous du cul !!! (rires)
Robert : Oh, Vas te faire foutre!!! C’est comme quand tu dis que jouer en Angleterre, c’est comme jouer en France !!!

(à Robert) : Tu as dit que Paul Young voulait chanter « Boys Don’t Cry » et que tu avais refusé. Pourquoi avez-vous accepté pour Dinosaur Junior ?
Robert : Oh, tu ne peux pas refuser. N’importe qui peut reprendre la chanson de n’importe qui. Tu n’as pas à avoir la permission mais il voulait notre bénédiction, il voulait que l’on en parle.
Simon : C’était « Secrets » ?
Robert : Non, c’était « Boys Don’t Cry ». Oui, parce que autrement, il ne peut pas utiliser le nom de The Cure : « blablabla, c’est « Boys Don’t Cry » »; mais Dinosaur Jr m’ont envoyé une K7 de « Just Like Heaven » en décembre dernier et j’ai pensé que c’était génial mais de toute manière j’avais leur album et je pensais que c’était vraiment un bon album… Si cela avait été quelqu’un d’autre, The Bangles ou « quelque chose » comme ça, j’aurais dit que c’était de la merde. Tu ne peux empêcher personne de faire n’importe quelle chanson mais les gens ne font pas beaucoup de reprises des chansons de The Cure car cela ne sonne jamais juste. Avez-vous déjà entendu une chanson de The Cure dans un ascenseur ?
Simon : Oui, « A Forest » !!!
Robert : « A Forest » fait par un groupe de rock’n’roll. C’était horrible.

Que pensez-vous du fait que le groupe ou toi même, Robert, avez influencé la création de fan-clubs ou de fanzines? Vous sentez-vous concernés et qu’en pensez-vous ?
Robert : Je suppose, c’est aussi marrant qu’étrange. Lire Three Imaginary Boys c’est vraiment, c’est quelquefois très dur. Aller quelquefois à l’intérieur de ce que le groupe fait, je crois que c’est ce que vous faites ; vous organisez plus ce que nous faisons que nous le faisons nous-mêmes. Vous vous inquiétez plus de ce que nous faisons que nous. Je le lis à Mary et à Simon, ils sont comme… ils ne peuvent croire que vous écrivez des choses comme cela. Je ne sais pas.
Je pense qu’il n’y a pas beaucoup à franchir entre être conscient de sa valeur et être prétentieux. C’est comme si l’on écrit beaucoup sur toi et que l’on te voit beaucoup, c’est très facile d’avoir la grosse tête et c’est inquiétant si les gens deviennent obsédés par toi. On en revient à la même chose que les gens qui pensent connaître le groupe et souvent, ce n’est pas vrai.
Nous ne sommes pas aussi sérieux que vous le pensez…

Consulter les autres articles issus du fanzine T.I.B :

The Holy Hour (1989)
Questions d’images (1991)
Dans les méandres du Wish Tour (1992)
Au rythme du Swing Tour (1996)
Anniversaire (1996)

Lire également :

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