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Interviews du fanzine T.I.B / Interview #3 / DANS LES MÉANDRES DU WISH TOUR (1992)

Dans les méandres du Wish Tour…

Madrid, à l’approche de la fin de la tournée, Robert se penche sur le bilan et tire des conclusions. Avec distance et calme, il revient sur les différents événements qui ont ponctué les huit mois du Wish Tour et dévoile les aspects cachés des voyages et des concerts, ses sentiments sur son public, comment il voit les fans, la façon dont il conçoit les setlists… et dresse en somme, le portrait d’une année sur les routes dans ses détails et ses secrets.

T.I.B : Après plus de cinquante concerts quel est ton sentiment général sur la tournée ?
Robert Smith : Je pense qu’il y a eu quatre tournées différentes. Cela ne m’a pas paru comme une tournée mondiale.
Les dates anglaises, américaines, et australiennes et puis les européennes ont formé quatre tournées distinctes qui ont leurs propres caractéristiques. C’est en partie dû à la nature des pays mais aussi à celle des fans et des salles et aussi du personnel. Lorsque l’on a commencé les dates anglaises, il y avait un niveau d’énergie… simplement aller et jouer dans de petits endroits et voyager en bus, c’était exactement comme il y a dix ans, c’était une très bonne atmosphère.
Aux États-Unis, ce fut personnellement la tournée préférée de toutes celles que j’ai faites. J’ai vraiment, vraiment apprécié. Bien sûr, il y a eu des choses que je n’ai pas aimées, quelques nuits, mais en général, l’atmosphère a été très bonne. Dans une tournée de cette longueur, il y a toujours quelque chose qui ne va pas aller, il y a toujours des disputes, des tensions… mais je m’étais bien préparé mentalement pour cette tournée, j’ai simplement ignoré tout ce qui n’allait pas mis à part une ou deux nuits, certainement dans les deux premières semaines, où là, j’ai eu envie d’abandonner et retourner à la maison, ça a été vraiment bien. Mexico fut une sorte de mélange étrange, un peu comme l’Amérique du Sud. Ce fut une expérience mémorable mais tout le temps où j’ai été là-bas, je pensais que j’en rirais une fois sorti. Je dois admettre que cela ne fut pas aussi agréable que prévu. Je suppose qu’avoir été atteint au visage sur scène… Si cela n’était pas arrivé, j’aurais certainement eu de meilleurs souvenirs mais même le public n’a pas semblé… En Amérique du Sud, le public semblait vouloir vraiment nous voir… A Mexico, c’était plus le sentiment que, comme peu de groupes vont y jouer, ils vont voir n’importe qui, ce qui était évidemment aussi le cas au Brésil et en Argentine. Les gens dans le public sur les photos portaient des T-Shirts d’Elton John, de Queen, d’Iron Maiden, les groupes qui y sont allés avant. Mais ils avaient l’air d’être plus concernés. Alors qu’à Mexico, ce sont de drôle de gens, c’est je pense un pays assez difficile pour vivre. Et puis, il y a toujours ce sentiment étrange de culpabilité d’aller dans des endroits comme l’Amérique du Sud ou Mexico, tu vas jouer un concert et leur prendre de l’argent. Même si tu es très bon, tu te sens toujours coupable, enfin moi, mais bon, on nous a demandé de venir jouer, on vend beaucoup de disques…

Et le public est content de vous voir jouer…
Oui. Je n’essaye pas de faire croire que c’est négatif car la réaction fut bonne, c’est simplement ce que j’ai ressenti. Cela aurait été mieux si, sachant qu’on allait à Mexico, on avait pris une semaine et joué trois concerts, par exemple deux à Mexico City et un à Monterrey ou trois salles plus petites. Cela aurait été mieux parce que ce qui est arrivé, c’est que sur les 40 000 au moins 10 ou 20 000 personnes ont du voyager de Mexico à Monterrey. Nous aurions dû annuler un ou deux concerts du Sud des Etats-Unis et jouer une ou deux nuits de plus au Mexique. L’Australie fut le tournant parce qu’en fait, je suis beaucoup sorti en Australie. Je suis sorti tous les soirs pour jouer au billard, boire. Parce que je savais qu’on avait trois semaines, j’ai essayé de fourrer tout dedans. Parce que je pensais que même si je me sentais mal, au bout de trois semaines, je rentrerais à la maison. Ce fut trois semaines très émotionnelles. J’étais très fatigué et certains shows s’en sont ressentis. Cela prouve que j’ai raison de ne pas sortir, parce que si les concerts en souffrent, cela ne vaut pas la peine, cela n’a aucun sens. Je ne peux plus rester éveillé jusqu’à 7 heures du matin à boire et m’attendre à un bon show le jour d’après parce que je me sens comme si j’avais envie de mourir.
En Australie, il y a eu superficiellement beaucoup de bonnes choses mais d’une manière bizarre, il manquait quelque chose en Australie, je ne sais pas, c’est là que l’atmosphère a commencé à se détériorer un peu. Je pense que dans un grand instantané de ce qui est arrivé cette année, tout ce qui entoure le groupe avec les traumatismes personnels, on a perdu quelque chose dans le sens où pendant le Prayer Tour, c’était plus une sorte de famille lorsque l’on voyageait, l’entourage ne tombait pas à moins de douze ou allait parfois jusqu’à seize personnes. Ce côté là n’est pas présent cette année dans la tournée, je pense que les autres en sont heureux mais d’une manière assez bizarre, cela me manque. Cela me manque vraiment. C’était un excitant, pas les concerts mais juste voyager dans le car ou sortir pour les repas. Cela n’est plus présent et j’ai commencé à m’apercevoir en Australie que c’était un côté important de The Cure, pour moi. De toute façon, je ne pense pas que cela soit le cas pour les autres.
Donc, quand nous avons commencé la tournée en Scandinavie, lorsqu’on est revenu après la courte interruption post australienne, il est devenu évident que Simon était vraiment malade, dès le premier concert. Je n’arrivais pas à croire combien il allait mal lorsque nous avons commencé. Je savais déjà, pour être honnête, dès le début. Je pensais que quelque chose arriverait probablement avant qu’on atteigne l’Allemagne car nous avions de longs voyages. Je pensais que quelque chose arriverait et provoquerait le retour de quelqu’un à la maison. Je ne savais pas qui ce serait, je savais que ce ne serait pas moi parce que je n’en ai pas le droit mais il y a eu tout au long de cette tournée une sorte de conflit latent qui n’est jamais bon. Cela vient simplement de la frustration. La frustration qui se manifeste sous formes bizarres venant de l’entourage, une frustration venant à la base du mal que se faisait Simon à lui-même. Il se présentait sous des dehors très agressifs mais je compatissais parfois car c’est très difficile quand il y a quelqu’un que tu apprécies, que tu aimes énormément, quand tu essaies de lui faire faire quelque chose, tu essaies de lui montrer que ce qu’il fait est mal mais il se fout de ce que tu lui dis. Et si par hasard ta patience vient à bout, tu te sens comme si tu haïssais cette personne parce que c’est comme si elle te renvoyait tout à la figure. C’est comme si elle reniait l’existence de tout ce que tu as qui est bien. Dans un sens, j’aurais dû intervenir plus tôt. Je n’aurais pas dû attendre que Simon aille si mal qu’on doive l’envoyer par avion à l’hôpital mais mes rapports avec Simon sont si différents de ceux que j’ai avec les autres dans le groupe. Dans le groupe, il y a le sentiment que j’aborde les choses de manière un peu plus professionnelle, je ne sais pas, je ne suis pas sûr… Teddy doit être comme moi, probablement le plus proche de ce que je ressens. The Cure cela veut dire plus que juste monter sur scène et faire une bonne performance. Il doit y avoir quelque chose de plus, sans cela, ce serait ennuyeux. On était devenu moins que ce que je pense être et il y avait quelque chose de cela. Tu ne peux pas te dire que juste parce qu’on est The Cure, on peut monter sur scène et merder pendant une heure parce que je ne le trouverais pas acceptable. C’est le mariage des deux idées et j’essayais de nier que ce côté s’en allait et en fait, on allait sur scène et peut-être la moitié des deux heures et demi n’était pas si bonne. Et tout le monde disait : « nous savons pourquoi ce n’est pas bon » et je savais pourquoi ce n’était pas bon et je savais pourquoi cela allait de pire en pire mais je ne voulais pas l’admettre alors que j’aurais dû le faire. Je ne sais pas, peut-être cela aurait été le choc dont Simon a besoin et avait besoin depuis quelque temps… Donc, cela a donné une couleur à la tournée. Il y a eu des nuits géniales, ayant dit tout cela. Quelques unes d’entre elles ont été parmi les concerts les plus intenses que nous avons faits cette année, dans la tournée européenne.
Les trois nuits à Paris ne seraient jamais arrivées si tout le monde dans le groupe avait été heureux ou de bonne humeur tout le temps. Je ne pense pas qu’on aurait tenté ce que l’on a fait à Paris, je ne pense pas qu’on aurait obtenu cette intensité sur scène. Des choses bonnes en sont sorties, mais c’est vraiment un prix trop élevé à payer. J’ai aimé les concerts américains parce que je pense que nous avons atteint le point où en tant que groupe jouant sur scène, lorsqu’on a fait le Texas Stadium à Dallas je pense que c’était vraiment un concert brillant, simplement la façon dont on a réussi à jouer devant tant de personnes, de la façon dont on l’a fait et encore faire un bon concert. Je dois admettre que je me suis senti comme si j’avais fait quelque chose. J’ai vraiment adoré ce sentiment. Je suppose que c’est les deux extrêmes, les trois soirs au Zénith et le Texas Stadium et je les ai aimés tous les deux pour des raisons vraiment très très différentes. Mais en général, depuis avril, je pense simplement que cela a été très long. C’est un peu plus que six mois ou sept, cela parait comme vingt.

Quelle est encore la chose la plus difficile pour toi en tournée ?
Je pense que les deux choses les plus difficiles sont de ne pas boire pendant mes jours de repos alors que tout le monde le fait parce que je sais que le jour d’après j’en souffrirai ou le concert en souffrira et je déteste me lever, c’est ce que je déteste le plus en tournée et aussi, le sentiment que l’on n’a jamais vraiment assez de temps pour faire quelque chose même les jours de repos où tu passes ton temps à voyager et c’est assez perturbant. Tu passes 90 % de ton temps en tournée à voyager ; c’est une sorte de stress ambiant, bien sûr c’est un choix…

Faire une tournée, cela pourrait être de la routine, qu’est-ce qui maintient ta fraîcheur et ta motivation ?
Plusieurs choses, je suppose. Essayer de temps en temps d’introduire de nouvelles chansons mais même ça c’est un combat de dire aux autres « Et si on faisait de nouvelles chansons ». Aussi, assez étrangement, le football parce que pendant cette tournée, je me suis fait envoyer des vidéos de foot, de football américain et de sports qui m’ont fait rester éveillé sur un sofa à regarder une heure ou deux dans le bus lors des voyages de six heures. Je restais en contact avec ce qui se passait dans le monde extérieur. On nous envoyait les journaux, les magazines, les journaux du dimanche. Tu essaies toujours de casser la routine par de petits trucs mais en fait tu ne peux pas car elle est là. On nous réveille le matin une heure avant de partir de l’hôtel puis on doit monter dans le car et puis on va à la destination suivante et puis on va généralement directement à la salle, on fait un soundcheck ; tout est similaire, dans un sens la routine est la seule chose qui te fait rester sain d’esprit. Pour moi, arriver dans un endroit, boire quelques bières et puis essayer de me préparer pour le concert fait partie de la routine dont je ne peux me passer car si nous restions à l’hôtel jusqu’à 9 heures et demi et arrivions pour le concert à dix heures puis montions sur scène, je détesterais cela. Cela dérangerait ma routine. Donc il y a des côtés qui sont bénéfiques ; ce qui est ennuyeux c’est de voyager, mais enfin c’est ça faire une tournée. Si tu n’avais pas voyager, ce serait génial. Tout ne serait que plaisir. Je déteste toujours les voyages, quelquefois un trajet peut être plaisant, si tu es en bonne compagnie mais… On voyage luxueusement, on a un car avec tout ce que l’on veut mais il y a toujours cette impression de perdre son temps, c’est du temps perdu, le temps que l’on passe à voyager.

A quoi tu penses généralement avant d’entrer en scène ?
Je m’imagine toujours que je suis dans le public.

Et alors ?
Si on joue par exemple un lundi et que je me sens malheureux j’essaye d’imaginer que nous ne sommes peut-être pas venus ici depuis des années et qu’il y a des gens qui ne nous ont jamais vus et j’essaye d’oublier que c’est lundi, que j’ai la gueule de bois… C’est une façon de combattre une certaine léthargie. Mais c’est difficile. Je n’essaie pas de me lamenter en pensant « c’est cela, c’est cela », parce que c’est naturel. Tout le monde monte sur scène dans l’idée que cela va être un bon concert, ce serait vraiment tragique.
Il y a des fois où tu dois savoir qu’il y a une drôle d’atmosphère dans les coulisses. Il y a eu des fois pendant cette tournée où tout le monde souhaitait que le concert se finisse pour rentrer à l’hôtel ou aller dans un bar ou faire autre chose. Mais la seule chose qui me met vraiment en colère, c’est quand les gens essayent de bousiller le concert. Pour moi, c’est la seule raison pour laquelle nous sommes ici. Si le concert est mauvais, cela me touche tellement parce que ça a été une perte de temps totale, le voyage, la préparation, le travail du personnel et tous ceux qui vont au concert et si c’est un mauvais concert, la seule chose que tu peux faire c’est te rendre à l’endroit suivant, toute la journée est gâchée. Je déteste si quelqu’un laisse percevoir une attitude telle que « Oh, je suis un peu fatigué, rentrons, ne jouons pas trop de titres », cela me met en colère. Mais je n’ai pas trop à me préparer pour un concert parce que c’est la seule chose que je fais dans une journée qui est physique. Je suis léthargique pendant le reste de la journée. C’est aussi un sentiment agréable que de crier et gueuler pendant deux heures, c’est pourquoi je ne suis pas trop stressé. Tout le monde devrait essayer de crier pendant deux heures.

Mais j’imagine que tu n’as pas le même sentiment si vous jouez à Paris par exemple ?
C’est un sentiment en plus lorsque tu joues un concert particulier dans une ville particulière et tu peux prévoir que ce sera un concert spécial. On le savait pour les trois soirs à Paris, cela aurait été difficile pour nous qu’ils ne soient pas bons parce que tout le monde les voulait bons. Ce qu’il y a de bien avec le Zénith, c’est que qui prouve que c’était un bon choix comme salle de concert, c’est que les coulisses sont un espace ouvert, tu pouvais sentir l’atmosphère de l’ensemble, tu en fais partie en fait, c’est pourquoi je sors voir les Cranes presque tous le soirs. Bien sûr c’est parce que j’aime les écouter mais c’est aussi parce que cela donne une idée de l’atmosphère plutôt que de juste te jeter sur scène directement ; cela peut être une expérience sérielle et quelquefois cela peut de prendre toute la nuit pour t’en sortir. Tu ne te sens pas concerné, tu te sens observé tout le temps. Mais si tu regardes quelqu’un d’autre en train de jouer sur scène, tu te sens un peu comme faisant partie du public. C’est autre chose que j’essaye. Je regarde les Cranes et je me dis que je peux faire ça.

Quel est le meilleur moment sur scène pour toi ?
Je crois que c’est quand je chante le dernier couplet de « End », c’est mon moment favori. Et j’aime aussi quand Paul commence son solo dans « From The Edge », parce que toutes les lumières sur scène me font me sentir bien. Mais chanter le dernier couplet de « End » parce que je chante si fort que je ne vois plus rien, c’est mon favori.

Et les rappels alors ?
Au sujet des rappels, j’ai toujours l’impression, quand nous avons fait « End », lorsque nous sortons, la suite du concert est complètement différente. Je me libère presque entièrement émotionnellement à la fin de « End » et après cela, beaucoup des chansons que nous faisons sont des chansons positives et ce sont des chansons pour rappels, et je me sens proche du public et je suppose qu’après avoir bu une bouteille de vin, je me sens un peu plus relax sur scène. Je me fais plaisir d’une manière plus idiote. Mais quelquefois les trucs les plus intenses arrivent à la fin des rappels quand tout le monde est fatigué et tout le monde se laisse un peu aller, cela peut être vraiment bien. On a fait quelques versions de « Forever » qui ont été géniales. Et quelques versions de « A Forest » qui ont été géniales sur cette tournée. On a tout sur bande, mais je n’écoute jamais. Mais je suis content qu’on ait enregistré Paris car je pense qu’il y a des trucs là qui pour nous ne seraient pas impossibles à rendre mais plutôt difficiles à capturer, encore ce même sentiment. Je suis content qu’on ait fait le film aux États-Unis et pas en Europe parce qu’on aurait vraiment eu l’air horrible si on l’avait fait en Europe. Au moins, aux États-Unis, cela sonne comme si c’était un mensonge.

Mais vous avez joué moins de vieilles chansons aux États-Unis.
Oui. Je pense que c’est en partie parce que le public est plus jeune là-bas.

Ici aussi…
Mais je pense qu’il y a une grande part du public qui aime toujours The Cure en Europe qu’il y en a aux États-Unis. Je pense qu’aux États-Unis, on a tendance à attirer un public plus jeune et les vieux continuent d’aimer ce qui leur rappelle le passé mais maintenant ils se tournent plus vers des gens comme REM, ils ont migré, ils nous aiment et nous écoutent encore mais le groupe d’âge le plus important, ceux qui donneraient leur vie pour le groupe, est en général plus vieux en Europe où ils ont comme 20 ans ou plus. Les gens qui attendent à la sortie des salles et demandent des autographes sont plus vieux en Europe qu’aux États-Unis. Aux États-Unis, on dirait qu’ils ont treize ans ou alors ils rajeunissent quand ils ont vingt cinq ans, mais ils semblent plus jeunes. Peut-être est-ce parce qu’il y en a tellement.

C’est bizarre parce qu’ils ont commencé à écouter Cure en 1987 et maintenant ils veulent entendre les vieilles chansons.
C’est difficile quand tu es dans un groupe de comprendre que les gens veulent entendre les vieilles chansons, ils n’étaient pas forcement nés quand on a créé ces chansons. C’est comme quand on est allé voir les Stones en 1974, je voulais qu’ils jouent tous leurs vieux trucs, ceux que j’avais entendus quand j’avais 7 ans, c’est la même chose ; lorsque les gens viennent voir The Cure, ils veulent entendre ce que l’on jouait avant qu’ils aillent en concert, avant qu’ils sachent qui on était. C’est difficile de comprendre cela parce que la plupart du temps, si tu demandes au groupe qui veut entendre les vieilles chansons, ils diront les vieux fans mais ce n’est probablement pas vrai, c’est probablement les fans les plus récents qui veulent entendre les vieilles chansons. Mais pour la question du vieux et du neuf, cela dépend de l’endroit où tu traces la ligne. Depuis The Head On The Door, on a fait de meilleures musiques et de bien meilleures chansons qu’avant. Il y a de très bonnes chansons parmi les anciennes mais à l’époque où on les a faites, elles ont été faites pour une certaine raison et elles n’auraient pas pu être mieux. Seventeen Seconds était bien comme album parce que c’était très naïf, mais la façon d’écrire, je veux dire pour moi, si je les écrivais maintenant, je serais très déçu par au moins la moitié. Elles ne dépasseraient pas le cap des démos. Je les aurais jouées à la maison et dit non. Pas parce que je les avais déjà faites mais parce que je pense qu’il n’y a pas assez dedans. Mais quand on faisait l’album, je voulais qu’il n’y ait rien dedans, donc c’est ce que je pense que nous faisons et la manière dont j’ai progressé dans l’écriture plus qu’autre chose. Mais c’est vrai. Le groupe qui a existé avec Michael ou avec Simon, Matthew ou même le trio, moi, Simon et Lol. On n’aurait jamais pu écrire et jouer une chanson comme « The Deep Green Sea », c’était complètement au dessus de nous. Je n’aurais pas pu l’écrire et nous n’aurions pas pu la jouer, enfin Simon et moi si mais pas Lol.

Qu’est ce que tu ressens aujourd’hui quand vous jouez des vieilles chansons. As-tu le même plaisir que quand tu chantes les pop songs ?
Non, c’est un équilibre. C’est un équilibre difficile à réaliser, faire le set et choisir les rappels. Les trois premières chansons que l’on a apprises avec Roberto pour les rappels de Marseille, c’était « Primary », parce qu’il l’aimait et voulait la jouer, « Boys Don’t Cry » et « A Forest », donc trois vieilles chansons et elles sont des favorites reconnues et les trois suivantes furent « Lovesong », « Close To Me » et « Why Can’t I Be You ? » parce qu’elles sont aussi aimées ; pas seulement en tant que chansons mais aussi parce que les gens savent que pendant cette partie du concert, je peux me balader, je ne suis pas rivé au micro, donc c’est plus pour la performance live du groupe et pour moi de me balader en chantant que pour la chanson en elle-même. Je pense que ce n’est pas si important quelle chanson nous faisons du moment que je me balade avec le micro et que cela me fait me sentir bien pour cinq ou six minutes. Si nous essayions de jouer des vieilles chansons dans le sens de « Vous devez écouter cela, c’est très important », ce serait vraiment chiant, ce serait aussi ennuyeux pour le public. Même s’il y a beaucoup de gens qui trouveraient cela très intense, très gratifiant. Mais je pense qu’en tant que groupe, si on faisait cela tout les soirs, on perdrait quelque chose, l’émotion, je pense que c’est bien qu’il y ait les extrêmes. Mais il y a des occasions et il y a eu des occasions pendant tous les concerts que nous avons joués, où nous avons soudainement sorti une vieille chanson et si tu es là, tu l’entends, si tu n’es pas là, c’est dur mais… Avant la fin de la tournée, nous ferons « The Drowning Man » mais où et quand ? On fera « The Same Deep Water As You » dans un prochain concert mais maintenant Roberto, après quelques concerts, se sent bien, on pourra apprendre d’autres chansons qu’on n’a jamais faites auparavant comme « The Upstairs Room » qui correspondent plus à son style de basse, ainsi on aura tous à apprendre des nouvelles chansons. Je pense que cela améliorera le moral du groupe, améliorera l’atmosphère d’un cran si tout le monde pense à ce qu’il fait. C’est bien pour finir la tournée positivement plutôt que chacun ne pense « Oh non, laissons nous aller jusqu’à la fin de la tournée », parce que de toute façon, on va y arriver et autant le faire en s’amusant et faire des trucs étranges. C’est une façon positive de regarder ce qui est arrivé parce que si Simon était resté et continuait à lutter tous les soirs pour finir, on n’aurait pas fait de nouvelles chansons, on aurait essayé de finir la tournée, en espérant que Simon ne craquerait pas. Et puis c’est plus sympa pour Roberto qui a appris toutes ces chansons en une journée que Teddy apprenne la ligne de claviers de « The Same Deep » et que je me rappelle les paroles, c’est le moins que l’on puisse faire…

Aujourd’hui, la musique de The Cure est variée et vous êtes toujours perçus comme un groupe triste.
Les médias le feront toujours, peut importe ce que je fais. Je pourrais porter un chapeau de clown et un nez rouge, ils penseraient encore que nous sommes un groupe gothique. Cela n’a pas d’importance, c’est une critique de base facile. C’est une vision très simpliste du groupe qui existera toujours. J’ai toujours considéré que l’attitude du NME envers nous est très facile à casser parce qu’en fait, ils n’ont jamais été sûrs de savoir pourquoi les gens nous aimaient ou aimaient ce que nous faisions. Il y a des choses sur le groupe, et en particulier sur moi, mon personnage public que je pourrais trouver moi-même énervant. Bien sûr j’ai dit ou fait des choses très embarrassantes mais pas plus que d’autres… C’est le genre d’attitude des médias envers le groupe et moi-même, mais je pense que beaucoup est dirigé contre moi. Je ne pense pas que cela attaque le groupe. Beaucoup de gens qui critiquent The Cure ne se sont même pas souciés d’écouter The Cure. Ils me regardent ou regardent une photo ou lisent quelque chose que j’ai dit et décident que je suis un idiot et ils disent « Ah The Cure ce groupe lugubre »… en fait cela me fait rire… …Ils se reposent à 75 % sur ce qu’ils ont lu sur le groupe et ils le recyclent avec quelques nouvelles citations ou quelques informations à propos d’un concert mais plutôt que m’énerver, ca me fait rire, ils sont si pompeux…. enfin ce n’est pas le bon mot, ils sont trop nuls.

Mais cela doit te faire chier que les gens propagent des infos fausses sur toi car les gens ont une mauvaise image de vous…
Je suppose mais je pense qu’avec la télévision en particulier… Ayant atteint un niveau où j’ai accès aux interviews TV, je pourrais en faire plus, je pourrais en faire tout le temps, mais bon, lorsque j’en fais, si les gens le voient. C’est la seule façon que les gens ont d’avoir un portrait exact de moi quand ils me voient à la télévision, quand ils me voient parler. Au moins, si je dis quelque chose de stupide dans une interview TV, c’est moi qui me plante et pas quelqu’un d’autre, faire une interview pour la presse, c’est comme faire une TV derrière un écran avec quelqu’un devant. On peut faire parler ou montrer quelqu’un comme on veut… je me sens désolé pour les gens qui n’ont pas cette possibilité parce que les médias écrits ont beaucoup plus de pouvoir, mais de toute façon, une fois que tu as atteint un certain niveau cela n’a aucune importance si tu es critiqué… enfin moi, ça ne me dérange pas. Et cette image de groupe gothique ! Mais c’était si je ne pouvais pas faire de TV. Si j’avais refusé d’en faire, les gens auraient pu le croire. J’arrive même pas à me souvenir comme je suis supposé avoir généré cela. Peut être lors de mon bref passage chez les Banshees où je portais un crucifix…

Est-ce que tu n’as pas le sentiment quelquefois de tourner en rond aujourd’hui ? Est-ce que tu essaies à chaque fois de faire quelque chose d’autre ?
J’ai ressenti pour la première fois cette année que nous étions soumis à exactement la même routine qu’à l’époque du Prayer Tour et Disintegration et c’est pour cela que je sais que je ne le referai plus, parce qu’il y a d’autres choses que je veux faire. Quand on faisait Wish, quoi que je dise je ne l’aurais pas fait autrement parce que faire un album et ce qui suit est le meilleur ou un des meilleurs moments quand tu es dans un groupe. Mais il y a tellement d’autres choses. Ça a été très intéressant. Mais je ne voulais pas tourner avec cet album. J’étais vraiment la seule voix au Manoir avant Noël, et j’ai vraiment essayé que l’on ne parte pas en tournée alors que les autres voulaient y aller. C’est marrant car à la fin, c’est moi que l’on blâme parce que c’est trop long. Une fois la décision prise, une décision démocratique, que l’on allait partir en tournée, j’étais plus qu’heureux et j’ai essayé d’en profiter et j’en ai profité plus parce qu’une fois ici, je savais que je n’avais rien préparé et beaucoup de pression n’était plus sur moi. Je sais ce que tu veux dire. On va toujours aux mêmes endroits. On a essayé de faire quelque chose d’autre, en allant à Mexico et en Australie, en introduisant des trucs qu’on n’avait pas faits auparavant.

Est-ce que tu as le même sentiment lorsque tu écris de la musique ?
Non. Je pense que ce serait difficile. Après Disintegration, j’ai cru qu’il serait difficile d’écrire, je pensais que ce serait le dernier album. D’une certaine manière cela le fut parce que ça a pris deux ans et demi pour arriver au point où on fut heureux d’enregistrer un autre album. Ce qui est difficile, c’est quand tu cherches et que tu ne trouves pas ce que tu veux ou que cela ne l’est qu’à moitié et tu n’y arrives pas complètement et tu ne comprends pas pourquoi et cela n’avait jamais été le cas. Les chansons de Wish ne sont pas toutes venues de moi. « High » était une démo de Simon, « Trust » une de Teddy et « Apart », une de Boris ; il y avait quelque chose d’autre en dehors de ce que je faisais donc ce ne fut pas difficile. Quoique je fasse, je n’arrêterais pas de jouer. J’écrirai toujours pour moi et j’enregistrerai, ce n’est pas une raison pour ne pas avoir une pièce pour faire de la musique à la maison…
L’année prochaine, la nature du groupe va changer. Il y a des gens dans le groupe qui n’y seront plus l’année prochaine si le groupe existe encore d’ailleurs, ce ne sera pas avec les mêmes gens, donc, les choses vont changer. L’année prochaine, nous avons décidé entre nous que ce serait une année sabbatique. …Et je pense que c’est très bien. Ce serait triste si nous avions été égoïstes, s’il n’y avait aucun courage dans le groupe pour décider d’essayer quelque chose d’autre. Ce serait atroce si on se retrouvait ensemble et que l’on se disait : « Que faisons nous maintenant ? …Faisons un nouvel album… » Quelles autres options avons-nous ? Que pouvons-nous faire d’autre ? C’est beaucoup plus sain de se dire que c’est bien d’arrêter de travailler et cette façon de vivre et de décider de faire autre chose ; à la fin de l’année, on verra qui veut partir. On ne continuera pas sans le faire parce que je ne le veux pas et ce serait impossible pour eux de le faire sans moi. Lorsque j’ai dit ça pendant le Prayer Tour, cela venait vraiment d’une réelle colère et pas cette fois. Je veux simplement essayer de faire quelque chose d’autre, voir si je suis capable de faire quelque chose d’autre. Je pense que c’est l’instinct naturel. Je sais que je peux le faire, si je ne le fais pas, je vais crever. Je ne veux pas vraiment…
…Le groupe a été tout pour moi depuis que j’ai quitté l’école, je n’ai jamais fait autre chose. J’ai lu beaucoup de livres mais je n’ai jamais essayé de faire quelque chose d’autre. C’est vraiment tragique. Enfin non, parce que ce que j’ai fait est…

Mais si tu aimes ce que tu fais…
Oui. Quoi que je fasse, je n’ai pas vraiment à m’arrêter car la partie que j’aime le mieux c’est quand je suis assis à la maison et que j’écris simplement un morceau de musique ce que je n’arrêterais jamais de faire. Je ne pourrais jamais. Jamais, même si je n’enregistre pas… J’aimerais vraiment faire un autre album, j’aimerais beaucoup que le groupe finisse l’album « Music for Dreams ». Je pense que ce serait bien mais je n’attends pas que les autres me suivent. Je suis sûr que Teddy en serait heureux, parce qu’il commence.
Il est temps qu’on prenne une année sabbatique parce qu’on pourrait simplement continuer l’année prochaine, reprendre au point où on s’arrête maintenant, il y a des gens comme Bill (Chris Pary-NDLR) qui nous disent « Vous êtes au sommet, vous vendez de plus en plus de disques, vous devez jouer devant plus de gens, vous ne pouvez que devenir meilleurs et plus grands… mais c’est toujours sur les mêmes fondements, « tu peux gagner plein d’argent… ».

Maintenant que tu as eu du succès, tu n’as plus rien à prouver…
Je ne pense pas avoir eu jamais quelque chose à prouver. J’aurais été très heureux d’arrêter à n’importe quel moment… sauf peut être Three Imaginary Boys, J’aurais été dégoûté si cela avait été mon seul témoignage à la musique mais après Seventeen Seconds, si cela avait été le seul album que j’eusse été capable de faire, je penserais : »Ok, j’ai fait l’album Seventeen Seconds ». J’aurais été heureux rien que d’avoir fait cela. Ce n’est pas prouver quelque chose à quelqu’un d’autre, c’est le prouver à moi-même et j’ai atteint le point ou je n’ai plus besoin de me prouver que je peux faire telle chose et le faire bien. Cela semble un peu complaisant, un peu grosse tête mais je pense particulièrement depuis Kiss Me, Disintegration et Wish, ces trois albums mis ensemble sont vraiment de bons albums.
…Je pense également qu’être dans la position où nous sommes, après tout ce temps, avoir encore cette crédibilité, à des degrés variés dans de nombreux pays et ne pas encore être considéré comme un vieux groupe. C’est très bien. On n’aurait pas pu rêver atteindre cela, cela compte autant que la musique , la façon dont on est perçu lorsque j’y pense, mais je pense qu’on est en danger de perdre ce côté du groupe si on continuait, ce serait, partout où on va, c’est toujours la même chose « Oh s’il vous plaît, n’arrêtez pas, revenez » mais il arrivera un moment où tu dois être égoïste. On doit être égoïste parce que je ne veux pas passer l’année prochaine à écrire des chansons pour un nouvel album puis enchaîner sur l’enregistrement et encore une année et j’aurai 35 ou 36 ans et ce sera 1995 et on fera encore une tournée. Cela me déprime de penser que je pourrais laisser faire ca.

Alors est-ce le split final ?
Que veux tu dire par split?… Cette formation, avec ou sans Roberto, avec ou sans Simon, ne jouera plus ensemble. Dans ce sens, le groupe va spliter mais à l’amiable, ce qui est souvent utilisé à tord mais qui dans ce cas est vrai. Entre nous, nous avons discuté des raisons qui nous motivent et ce que nous voudrions faire plus tard et il y avait des divergences. Il y a dans le groupe des ambitions qui vont hors de la musique dont la mienne. Je ne suis pas la raison principale pour laquelle le groupe va ou non spliter. Mais je sais que je n’arrêterai pas de jouer de la musique , on doit garantir qu’il y aura un autre album de The Cure mais ce ne sera pas avec cette formation. Cela ne poursuivra pas la progression évidente de Kiss Me, Disintegration et Wish. Ce sera quelque chose de complètement différent et ce sera probablement haï à 90 % par nos fans, donc on ne pourra pas faire de tournée parce que personne ne viendrai nous voir… On serait assis en cercle sur un tapis à jouer du sitar et des guitares acoustiques. On pourrait louer les loges pendant que les autres sont sur scène.

Depuis 1987, tu dis toujours ça à la fin des tournées, que ce sera la dernière… Qu’est ce que tu vas dire à la fin de celle là?
Je pense qu’avant, les principales raisons pour lesquelles j’étais si déprimé et pourquoi je disais que je ne le referais plus, c’était parce que je détestais ce qui m’arrivait en tournée : boire vraiment trop, prendre des drogues et j’étais vraiment dépressif. D’habitude, c’est parce qu’il se passe quelque chose dans le groupe ou avec un des membres ou plusieurs, rendant l’atmosphère tellement mauvaise que je pensais que cela ne valait plus la peine mais cette année la manière dont cela se passe, je n’ai pas pris de drogues, je n’ai pas trop bu et il n’y a personne dans le groupe qui a pourri l’atmosphère ; mais lorsqu’on arrivera à Dublin, on sera tous aussi copains qu’au début de la tournée. Je peux le garantir car tout le monde sait que mes raisons pour ne pas vouloir partir en tournée de nouveau ne sont pas fondées sur la frustration ou la colère ou la dépression, c’est simplement que je veux essayer de faire autre chose. Et si je laissais The Cure continuer sous cette présente forme, cela signifierait que les trois prochaines années sont planifiées pour moi. C’est devenu tellement important, je ne veux pas savoir ce que je vais faire dans trois ans, ce serait trop déprimant, cela me mettrait en colère et ce serait frustrant. Cela mijote dans ma tête et je sais que je ne ferais plus ca mais pas pour les mêmes raisons, ce sont des raisons complètement différentes.
Arrivé au même moment pendant le Prayer Tour, j’étais hystérique, je m’arrachais les cheveux à la fin de la tournée. Là, je me sens un peu malheureux de ce qui est arrivé à Simon.
Et puis, c’est la première fois que je réalise que je vieillis. Il y a des façons de jouer sur scène qui n’ont aucun rapport avec ton âge, tu peux tout mettre et être même meilleur, mais il y a d’autres choses qui ne peuvent marcher que quand tu es jeune. Ce qui ne va pas avec la plupart des groupes qui essayent de continuer, c’est que malgré leur âge, ils essayent de prétendre qu’ils sont encore jeunes et cela devient vraiment embarrassant. Je dois prendre conscience que dans trois ans, si nous sommes en tournée, je me sentirais vraiment mal à essayer de faire croire que je suis le même que lorsqu’on faisait le Prayer Tour ou même maintenant. Je ne me sentirais pas à l’aise. Nous sommes en position de choisir ce que nous pouvons faire, on n’a pas à se soucier d’aller travailler ou non, alors que je suppose qu’un bon nombre de groupes continuent parce qu’ils ne sont pas assez honnêtes pour se dire « on ne le fait pas seulement parce que cela nous plaît mais parce qu’on ne sait pas faire autre chose ». Et c’est cela que je ne veux pas que l’on fasse. Je ne veux pas que The Cure continue parce qu’on est bons dans ce que nous faisons mais que nous n’osons pas essayer de faire autre chose, que ce soit individuellement ou en groupe. Mais à nouveau, je pense que c’est positif parce que tout le monde dans le groupe réalise qu’ils ont le choix, on n’est pas atteint mentalement. Lorsque Bill nous dit : « Vous êtes à votre top, vous ne pouvez que monter », tout le monde lui répond : « Vas te faire voir! » Tout cela est très positif. Je n’ai aucun mauvais feeling au sujet du groupe qui arrêterait de faire des tournées sauf celui que Mary a, qui est, il y a un côté qui est très bien, c’est comme être en colo pour quelques semaines, avec des gens que tu aimes, tous les bons côtés des tournées, c’est comme ça, ce n’est pas comme quand tu es seul, tu n’as à te soucier de rien, il y a des gens qui s’occupent de toi tout le temps, qui s’occupent que tu sois où tu dois aller, en particulier moi…

Consulter les autres articles issus du fanzine T.I.B :

The Holy Hour (1989)
Questions d’images (1991)
Dans les méandres du Wish Tour (1992)
Au rythme du Swing Tour (1996)
Anniversaire (1996)

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