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Interview Robert Smith pour le NME

Robert Smith est sorti de son silence le temps d’une interview exclusive accordée au NME (New Musical Express). Il fait le point sur l’actu du groupe (festivals, nouvel album, etc.) et revient également sur quelques points marquants, telle la polémique sur la distribution gratuite de musique. Synthèse !

Voici les principales infos tirées de cette interview (pour l’essentiel, il s’agit d’une traduction de l’article paru sur A Chain of Flowers).

  • Smith confirme que la version deluxe de Wish (1992) sortira en 2012.
  • Le groupe n’est actuellement plus sous contrat et Smith n’est même pas signé en tant qu’auteur : « On fait de la musique depuis si longtemps que je ne ressens pas le besoin de capitaliser tout le temps tout ce que nous faisons. Je veux dire que nous participons à presque tous les grands festivals européens et nous n’avons rien sorti. N’importe qui d’autre s’en arracherait les cheveux. Certains diraient « vous êtes des idiots ! » et peut-être le sommes-nous. C’est presque comme si nous avions bouclé la boucle et que nous étions revenu au point de départ, à jouer au festival de Reading et que je le fais uniquement parce que je veux passer une bonne journée. Leeds aussi bien sûr. Je ne peux plus imaginer notre trajectoire. Je n’en ai absolument aucune idée. Nous n’avons rien signé depuis la sortie du dernier album et le contrat s’est terminé. Je ne suis même pas signé en tant qu’auteur. Pour être vraiment honnête, si nous faisons quelque chose, ce devra être vraiment bon. Il est plutôt évident que nos exigences sont très élevées et si je pense que ce que nous faisons n’est pas assez bon alors il n’y a aucune raison de sortir quoi que ce soit. Pourquoi devrais-je ? »
  • Robert Smith regrette de ne pas avoir sorti 4:13 Dream sous forme de double album comme il le souhaitait car il avait été mis en garde par « les putains d’idiots qui me conseillaient à l’époque » : « Je n’aurais pas dû. J’aurais dû camper sur mes positions et sortir un double album. J’aurais vendu autant et cela n’aurait fait aucune différence excepté que cela aurait été une œuvre meilleure. Quand je le réécoute, il me manque quelque chose. Et ce qui me manque ce sont certaines chansons de 4:13 Dream car 4 d’entre elles auraient dû figurer sur cette album simple et 4 autres auraient dû être la version double » (NDLR : il manque donc 8 titres à la version double de 4:13 Dream selon Robert Smith).
  • Robert Smith a 12 titres, dont des instrumentaux, qu’il veut sortir mais uniquement si c’est sous forme d’un double album 4:13 Dream : « J’aimerais reprendre 4:13 Dream, le remixer et le sortir sous forme d’un double album, puis le vendre au prix d’un simple pour que personne ne soit lésé et que vous puissiez entendre le résultat tel qu’il aurait dû être. Et en plus, le groupe qui l’a enregistré n’existe plus. »
  • Il est excité par les nouvelles chansons que joue The Cure dans sa configuration simplifiée.
  • Hamish MacBain, journaliste du NME, auteur de l’article : « Sans label, et sans possibilité de sortir des chansons enregistrées alors qu’ils en ressentent le besoin, The Cure, apparemment actif, est dans une certaine mesure dans les limbes. Ainsi, les récentes activités de Robert se sont résumées à des invitations d’autres artistes ».
  • Robert Smith a encore collaboré 2 fois avec des groupes electro/dance, cela pourrait sortir à la fin du mois de mai, mais il ne dit pas de qui il s’agit car « c’est leur musique et je ne veux pas tout gâcher ».
  • Il est d’accord pour venir chanter sur « Not In Love » avec Crystal Castles à Reading et Leeds. Il ne l’a pas fait lors du Bestival (NDLR : auquel participait également Crystal Castles) car il ne voulait pas être distrait : « Je les ai regardés jouer cette chanson lors du Bestival depuis le côté de la scène, et il y a eu beaucoup de signes échangés entre eux et moi. Mais j’ai résisté à la tentation de courir sur scène et faire une apparition. Je suppose que j’étais très conscient que c’était notre premier gros festival depuis un bout de temps et je voulais être prêt pour ça. J’ai changé d’avis juste une heure avant le concert de Crystal Castles, j’ai pensé « si j’y vais et que je me rate, ça va me mettre en rogne pour le reste de la journée ». Mais je suis maintenant plus à l’aise, et je pourrais le faire. En fait, il y a quelques personnes avec qui il serait intéressant de faire quelque chose. Peut-être que d’ici le festival, je pourrais organiser quelques trucs ».
  • A propos de ses récentes participations à d’autres projets musicaux, Smith dit « Je me suis récemment fait la réflexion « Je dois arrêter de faire ça », car sinon c’est ce que je ferai pour le reste de ma carrière : ne plus faire que des apparitions sur les albums d’autres artistes ».
  • A propos d’essayer d’apprécier les concerts d’autres groupes pendant les festivals : « Parfois c’est un peu difficile, car vous voyez des gens devant qui vous regardent pendant que vous vous essayez de regarder le concert ».
  • Concernant la setlist, les festivals de cet été devraient ressembler au Bestival de 2011 : « Nous nous concentrons beaucoup sur les chansons les plus connues et on s’en sort plutôt bien. Dans le passé, il m’est arrivé de ne jouer que ce que j’avais envie de jouer et je ne me souciais absolument pas du public, alors que maintenant je considère que je fais partie d’un événement. Je suis conscient que nous jouons devant des gens qui ne seraient normalement pas venus voir The Cure en concert. On participe au week-end. Donc il serait vraiment idiot de ne pas essayer et de ne pas jouer les titres qui sont les plus accessibles ».
  • A propos des critiques suscitées par le commentaire de Robert Smith sur son message « pas de musique gratuite » : « J’ai été attaqué par beaucoup de media grand public, particulièrement sur internet où la gratuité est un intérêt acquis, qui ont essayé de tourner mes paroles en « Oh, je ne veux rien donner gratuitement car je veux faire de l’argent », ce qui est totalement à l’opposé de ce que nous faisons car nous donnons souvent notre musique sans aucune contrepartie financière. Nous n’avons aucun intérêt à gagner de l’argent sur tout ce que nous faisons, on ne l’a d’ailleurs jamais fait. Mon point de vue est que cela dévalue l’art et j’existe grâce à lui. Pour moi, ça vaut la peine de payer. Je suis content de payer pour le nouvel album de PJ Harvey. Et je pense que tout le monde devrait l’être car ça m’apporte des heures de plaisir, alors pourquoi cela devrait être la seule chose gratuite ? ça n’a aucun sens pour moi. »
  • A propos de l’opposition entre jeunes et anciens groupes de rock qui peut exister aujourd’hui à l’image de celle qui existait en 1981 entre The Cure et Robert Palmer : « Le fait est qu’aujourd’hui nous n’occupons plus du tout la même position. Même si nous sommes considérés comme un vieux groupe, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de jeunes groupes qui n’ont pas une sorte de respect ou d’admiration pour ce que nous avons fait, et ce que nous faisons encore. Je pense que c’est la différence. On ne nous voit pas comme un groupe ayant suivi un plan de carrière tracé à l’avance. En fait, sur beaucoup de points, nous avons fait avancer les choses et permis à des groupes d’émerger après nous. Nous avons un peu changé le paysage musical à certains niveaux. Ces vieux groupes contre qui nous étions à la fin des années 70 étaient vus comme une industrie. Et cette industrie est toujours présente mais le fait est qu’elle est aujourd’hui également représentée par de jeunes artistes. Il y en a beaucoup que je pourrais nommer qui sont autant insupportables que l’était Robert Palmer à notre époque. Ils représentent juste la musique comme un business. Et ça nous renvoie à ce pourquoi nous faisons de la musique. Je veux faire partie de l’expérience quand nous jouons, pas juste vendre mon produit au public ».
  • A propos de son « combat personnel pour tenter de conserver ce que nous faisons comme une chose aussi sincère possible », avec un regard critique sur les marques et le sponsoring : « Je suis conscient combien je suis en dehors de la réalité de manière grotesque, mais je suis obstinément en dehors de la réalité du monde moderne. C’est très dur pour moi de convaincre la jeune génération qu’il est mal de vendre des choses, d’utiliser la musique pour de la publicité. Je réalise que je fais partie d’une catégorie de personnes en voie d’extinction qui trouve cela critiquable. Et tout ça parce que je peux me rappeler des chansons que j’aimais qui ont été utilisées pour vendre de la merde et je pense que cela les dévalue. C’est atroce. Je ne veux pas penser à une voiture quand j’écoute Jimi Hendrix ou Nick Drake. Je déteste le côté commercial, les marques, c’est juste de la merde. C’est tout ce que nous combattions quand nous étions jeunes. Et ça n’a rien changé. Le monstre commercial a gagné… pour l’instant. Il y a des fissures qui apparaissent. Il doit y avoir une génération impatiente de se révolter, lever deux doigts en l’air (NDLR : fuck anglais…) et ‘dire nous ne voulons pas être achetés, et vendus comme ça’. Ça doit arriver plus tôt que tard. « 
  • A propos de la première apparition de The Cure à Reading : « Nous étions perçus comme l’ennemi par le public du festival. Nous faisions partie de avant-garde arriviste qui essayait de bouleverser le status quo, mais il n’y avait en fait qu’une petite partie du public qui était vraiment contre les groupes faisant partie de la vague new punk ou new wave. Ce qui était bien. J’ai réalisé que nous étions vus comme faisant partie d’un mouvement qui essayait de remplacer quelques vieux groupes et j’étais très heureux à propos de ça, parce que je trouvais que beaucoup d’entre eux étaient vraiment mauvais ! Généralement, le rock n’était pas notre tasse de thé. Donc, ce fut la première et dernière fois que nous avons vraiment fait un festival rock, parce que nous n’avons pas passé un agréable moment sur scène. En fait, le pire moment de la journée fut nos 35 minutes de concert ».

 

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