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Blue Sunshine/The Top/The Head On The Door/Kiss Me Kiss Me Kiss Me (Deluxe Edition)

Inexorablement, les albums remastérisés vont être commercialisés, Saint Robert en a décidé ainsi… Et inexorablement, nous, les fans, guettons ces sorties avec une impatience exacerbée, attendant avec frénésie le moment d’avoir l’objet tant convoitée entre les mains, d’en arrracher délicatement l’emballage (ou rageusement, ça dépend des cas…) et de glisser le précieux sésame dans le lecteur. Et là, qu’entendons-nous ? C’est ce qu’on va voir tout de suite en détails…


Tout d’abord un mot sur les albums d’origine : comme avec les précédents albums remastérisés, rien à dire, c’est du beau boulot. Le remixage est quasi parfait, y’a rien à jeter. Intéressons nous plutôt aux deuxièmes CDs, ceux renfermant les inédits et autres lives.

Commençons par le commencement, à savoir The Glove/Blue Sunshine, premier album sur notre shopping list chronologique. Petit rappel : c’est l’époque où Smith est collègue et copain d’amitié avec Steve Séverin, bassiste des Banshees. C’est aussi une période faste pour les dealers locaux qui écoulent leurs stocks dans les narines et le gosier affamés de Smith. Il suffit de regarder la pochette de l’album pour se faire la réflexion suivante : ces gars prennent des trucs, c’est sûr… Et l’album est à l’image de tout le reste : vaporeux, excentrique et sérieusement dérangé.
En 1983, Chris Parry, alors manager de The Cure, permet à Robert Smith de faire des infidélités au groupe en sortant Blue Sunshine. Oui mais à une condition : que Smith ne chante pas. Et c’est effectivement le cas… Sauf pour les démos que l’on retrouve sur le cd bonus de cette version remastérisée. L’intérêt est là : entendre la voix de Robert Smith sur des chansons qui à l’origine en étaient privées. Et ça change tout ! Alors que Smith s’applique à nous promettre un hypothétique album solo qui sortira « un jour », nous n’aurons plus à attendre. Car Blue Sunshine est bel et bien cet album solo que nous attendons tous. Ne nous leurrons pas : Smith éclipse allégrement ses compagnons que sont Jeanette Landray et Steve Severin. Comble de l’humiliation, la pochette place côte à côte les titres de l’album original et ceux du second CD (où Smith chante) pour mieux ridiculiser Landray et montrer à quelle point elle est une façade, au mieux une solution au refus de Chris Parry.

Poursuivons dans la joie et la gaieté avec The Top (1984), que certains d’entre nous ont à l’époque rebaptisé The Flop. Les fans de la première heure ayant déjà encaissé Japanese Whispers (1983) et ses singles disco-pop boursouflés, sont cette fois-ci complètement largués. Oubliés la mélancolie et les sentiments dépressifs de la trilogie noire, vive la rigolade ! Mais est-ce anormal ? Pas tant que ça… car le tryptique Seventeen Seconds (1980)/Faith (1981)/Pornography(1982) n’avait qu’un seul but : affranchir Smith de ces peurs viscérales. Mission réussie puisqu’avec Japanese Whispers, Smith passe à tout autre chose, et ce n’est qu’un commencement. La gaudriole durera grosso modo jusqu’en 1989 et le crépusculaire album Disintegration.
L’inédit qui ouvre les hostilités est You Stayed. Il est à l’image de cette période : exalté voire psychédélique. La voix de Smith est déformé par toute une ribambelle d’effets. Difficile de s’y retrouver dans ce capharnaum coloré. Suit Ariel, morceau écrit à l’origine pour l’album solo de Smith. Le morceau est très bon, la ligne de chant est languissante. Dommage que la batterie soit si fade et la basse ne soit pas davantage mise en avant. A Hand Inside My Mouth rappelle quant à elle Japanese Whispers et aurait pu figurer entre The Lovecats et The Upstairs Room. Sadicic est empreinte d’une grande noirceur. Smith crie plusieurs fois « Shout ! » au début et tout au long du morceau. Et c’est ce qu’il fait… il crie et chante violemment. Hallucinée et hypertrophiée, cette chanson vaut le détour.
Les versions studio demo sont de manière générale plus pesantes et justifient à elles seules (à mon sens…) l’achat de cet album : Shake Dog Shake (lourde et martiale), Piggy In The Mirror (et son riff de basse très accrocheur, une réussite), Birdmad Girl (pas de guitare hispanisante sur cette démo, les paroles diffèrent, la basse est mise en avant), Give Me It (plus lente que sur l’album, basse et batterie très présentes), Throw Your Foot, The Caterpillar (paroles différentes, plus pesante), Dressing Up (batterie plus discrète, voix avec beaucoup d’effets, une autre vraie réusssite !), Wailing Wall (peu de différences avec la version album, peut-être un peu plus noire et torturée).
Les titres live sont bien interprétés mais le son ne suit pas. Les instruments et la voix sont un peu trop distants. A l’exception de Forever, très bonne à tous les niveaux. Belle ligne de chant, saxophone entêtant, grosse montée et apothéose bruitiste avant un retour au calme (Smith clôt le morceau seul à la guitare). Version de tout premier ordre !

The Head On The Door est l’album de la consécration pour le groupe en France et en Europe. Ou plutôt le disque de la découverte puisque jusque là seuls quelques initiés connaissent la bande à Robert. Quoiqu’il en soit, c’est de la folie : tout le monde (ou presque) aime, on s’habille en noir, on se crêpe les cheveux, etc etc. Smith continue sur sa lancée et livre quelques perles pop : Inbetween Days et Close to Me entre autres.

Il est flagrant de constater que certaines chansons sont un héritage direct de The Top. Inwood, premier titre inédit, aurait pu y figurer sans problèmes (toutes proportions gardées bien sûr, car ce n’est qu’une démo) avec sa guitare à consonnance orientale. Cette même guitare que l’on retrouve sur Innsbruck. Mansolidgone et Limetime sont plus surprenantes. La première possède un son jazzy rappelant The Lovecats et laisse entrevoir des chansons futures, telles Hot Hot Hot !!! et Hey You ! (1987). Smith ne chante pas, il pose juste quelques vocalises. La seconde est… gentillette. On dirait le générique d’un dessin-animé (tendance Juliette Je t’aime ou Les Bisounours…) A mon sens elle manque donc cruellement d’originalité. A noter qu’on y retrouve quelques paroles de Inbetween Days.
Inbetween Days est une home demo de Robert Smith, elle est donc considérablement allégée par rapport à celle que nous connaissons tous. Mais le moins que l’on puisse dire est que cette version ne manque pas de fraicheur et offre une alternative intéressante. Stop Dead est chantée mais cette chanson a vraiment mal vieillie, les sons de synthé sont décidemment trop datés années 80.
Les studio demo sont très abouties et sont parfois quasi identiques aux versions albums : Screw (demo ou album, celle-là reste insupportable !), Kyoto Song (paroles légèrement différentes), A Few Hours After This (plus rock), Six Different Ways, A Man inside My Mouth, A Night Like This (avec un saxophone plus présent que sur la version single), The Exploding Boy (le mix manque un peu d’entrain par rapport à l’original), Close To Me (voix doublée plus présente). Ces versions n’apportent pas grand chose mais il n’en demeure pas moins qu’elles représentent un intérêt certain.
Les versions live de The Baby Screams, The Blood et Sinking sont bonnes : bons sons et bonnes interprétations. Mais pas de quoi casser trois pattes à un canard…

Et terminons en beauté avec Kiss Me Kiss Me Kiss Me , l’album de la consécration outre atlantique. Pas d’inédits sur le cd 2 de cette version remastérisée et seulement une home demo. Tout le reste est composé de studio demos, de mix alternatifs et de lives. The Kiss ouvre l’album et on est frappé de l’importance donnée aux claviers. Il est vrai que c’est une home demo, donc une première ébauche. Mais quelle version intéressante ! L’intro sonne comme Chain of Flowers, on a l’impression d’écouter de la musique d’église. L’atmosphère est lourde. Et bien que ce mix soit totalement différent de celui de l’album, l’esprit est le même. Les studio demos sont très fidèles aux versions finales. Seul le mix est différent comme dans The Perfect Girl où la mélodie enfantine des claviers est beaucoup plus discrète. Autre exemple : A Thousand Hours qui se démarque par le piano largement mis en avant. Il n’y a donc finalement pas grand chose en dire. Ces versions alternatives ne sont différentes qu’à quelques infimes détails, hormis les paroles qui ne sont pas toujours celles que nous connaissons. Quoi qu’il en soit elles méritent l’attention. Mais on a du mal à penser que cela puisse intéresser d’autres personnes que les fans qui eux sauront noter ces différences…
Les lives sont très bons. Pas de problème de son, il est parfait. Et l’interprétation est à la hauteur de ce dernier : parfaite. The Cure est devenue une fabuleuse machine à concerts et ça s’entend. Mention spéciale à Why Can’t I Be You ? qui clôt l’album avec une excellente version de presque 8 mn.

Alors.. faut-il les acheter ces albums remastérisés ? Assurément oui si vous êtes fan et intéressé par l’évolution musicale de notre ami Robert. Car, soyons honnêtes, il faut en vouloir pour écouter des chansons parfois quasi identiques qui ne sont, après tout, que des documents de travail. Pour les autres, c’est vous qui voyez…

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